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Ma vie /
À la protection civile pour l'Euro
Enfilant mon pantalon trop long et trop gros tout vert, mon t-shirt orange (pas mal pour un soir de match de la Hollande) et ma magnifique veste moitié orange, moitié verte pas belle, je me préparais au mieux pour assurer la sécurité des habitants de mon canton.
La responsabilité est grande, toute la population compte sur moi, il faudra être irreprochable, attentif, réagir promptement et en parfaite adéquation avec la situation; bref, être au top de ma forme.
J'arrive donc samedi à 20h au poste de commandement, lieu tenu secret (ben ouais, j'ai dû signer un machin qui dit que je dois pas dire ce que tout le monde sait). Je me souviens de ce qu'on nous a appris lors de la journée de formation spécialement prévue avant la manifestation. Tenue de carte de suivi de la situation enfin informatisé avec un super-logiciel-qui-marche-pas-bien, tenue du journal dont on a pu voir que des screenshots parceque le système était pas encore disponible. Inutile de dire que j'étais fin prêt.
J'arrive donc à 20h. On m'acceuille en me demandant si j'ai pris de la lecture ou de quoi écouter de la musique. Ils croient quoi, que je suis un petit bleu ou quoi ? Non monsieur, je suis pas un bleu, je suis un gradé, on respecte le gradé, on lui pose pas ce genre de questions. Bien sûr que je me suis préparé, j'ai pris un National Geographic que je dois finir de lire, un iPod Touch, un laptop avec un lab qu'il faut tester et un paquet de réglisse.
Le temps de me mettre en conditions (à savoir de brancher le laptop, de lancer la lecture de "Highway to Hell" de AC/DC et de repérer l'écran sur lequel je vais regarder le match), la confrontation commence. Pendant les 45 minutes de la première mi-temps, gros coup de stress. Alors que les russes débordent la défense hollandaise, un message à saisir dans le journal des événements. Gros dilemme: regarder la fin de l'action ou y aller tout de suite. N'hésitant pas plus d'une seconde, je pense à tous les gens qui comptent sur moi: je m'en vais entrer le message dans le système. Je suis conforté dans mon choix en revenant devant l'écran en constatant que le score n'a pas bougé.
La mi-temps est le moment idéal pour quitter ce monde de travail infernal et de profiter d'un moment de calme pour aller manger. De retour pour les dernières minutes de la rencontre, et au coup de sifflet annonçant la fin du temps réglementaire, un autre message à saisir, le deuxième déjà...
Les prolongations seront fatales aux hollandais. A la fin du match, le gros du boulot reste à faire, à savoir attendre une petite demi-heure que les gens rentrent chez eux, puis empaqueter mon matériel et rentrer à mon tour me coucher. Heureusement, le retour s'effectue après minuit, cette information est primordiale pour moi puisque je vais toucher deux jours de solde et d'APG.
C'est donc en ayant donné le meilleur de moi-même que j'ai eu l'honneur de servir mon canton. Et de me permettre de vous rassurer: vos impôts sont entre de bonnes mains, utilisés judiscieusement et de manière réfléchie, car vous ne me croirez peut-être pas, mais pour cette charge impressionnante de travail, nous n'étions que deux, sans compter les deux de l'après-midi, qui ont heureusement eu moins de travail que nous...
La responsabilité est grande, toute la population compte sur moi, il faudra être irreprochable, attentif, réagir promptement et en parfaite adéquation avec la situation; bref, être au top de ma forme.
J'arrive donc samedi à 20h au poste de commandement, lieu tenu secret (ben ouais, j'ai dû signer un machin qui dit que je dois pas dire ce que tout le monde sait). Je me souviens de ce qu'on nous a appris lors de la journée de formation spécialement prévue avant la manifestation. Tenue de carte de suivi de la situation enfin informatisé avec un super-logiciel-qui-marche-pas-bien, tenue du journal dont on a pu voir que des screenshots parceque le système était pas encore disponible. Inutile de dire que j'étais fin prêt.
J'arrive donc à 20h. On m'acceuille en me demandant si j'ai pris de la lecture ou de quoi écouter de la musique. Ils croient quoi, que je suis un petit bleu ou quoi ? Non monsieur, je suis pas un bleu, je suis un gradé, on respecte le gradé, on lui pose pas ce genre de questions. Bien sûr que je me suis préparé, j'ai pris un National Geographic que je dois finir de lire, un iPod Touch, un laptop avec un lab qu'il faut tester et un paquet de réglisse.
Le temps de me mettre en conditions (à savoir de brancher le laptop, de lancer la lecture de "Highway to Hell" de AC/DC et de repérer l'écran sur lequel je vais regarder le match), la confrontation commence. Pendant les 45 minutes de la première mi-temps, gros coup de stress. Alors que les russes débordent la défense hollandaise, un message à saisir dans le journal des événements. Gros dilemme: regarder la fin de l'action ou y aller tout de suite. N'hésitant pas plus d'une seconde, je pense à tous les gens qui comptent sur moi: je m'en vais entrer le message dans le système. Je suis conforté dans mon choix en revenant devant l'écran en constatant que le score n'a pas bougé.
La mi-temps est le moment idéal pour quitter ce monde de travail infernal et de profiter d'un moment de calme pour aller manger. De retour pour les dernières minutes de la rencontre, et au coup de sifflet annonçant la fin du temps réglementaire, un autre message à saisir, le deuxième déjà...
Les prolongations seront fatales aux hollandais. A la fin du match, le gros du boulot reste à faire, à savoir attendre une petite demi-heure que les gens rentrent chez eux, puis empaqueter mon matériel et rentrer à mon tour me coucher. Heureusement, le retour s'effectue après minuit, cette information est primordiale pour moi puisque je vais toucher deux jours de solde et d'APG.
C'est donc en ayant donné le meilleur de moi-même que j'ai eu l'honneur de servir mon canton. Et de me permettre de vous rassurer: vos impôts sont entre de bonnes mains, utilisés judiscieusement et de manière réfléchie, car vous ne me croirez peut-être pas, mais pour cette charge impressionnante de travail, nous n'étions que deux, sans compter les deux de l'après-midi, qui ont heureusement eu moins de travail que nous...
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