Avant d’arriver à Rapperswil pour participer au 70.3, j’ai entendu plusieurs personnes me parler du parcours vélo de ce triathlon. La seule chose certaine, c’était que le parcours consistait en 2 boucles de 45km. Mais entre l’idée que je me suis faite du parcours et la réalité du terrain, il y avait quelques différences.
Afin d’illustrer tout de suite mes propos, l’erreur de débutant typique. Je me suis presque laisser avoir. Voici le profil de dénivelé publié sur le site web de l’organisateur:
Rien que changer l’échelle d’altitude, ça change un peu l’approche. Je le saurais pour plus tard, toujours comparer les chiffres et pas des graphiques à qui l’on fait dire ce qu’on veut…
Les montées
Il y a trois portions qui montent franchement. La première se situe peu après le 10ème kilomètre. Cette portion est courte, mais ça monte bien (environ 15%) sur environ 200-300 mètres. Ensuite c’est du faux-plat montant jusqu’à la deuxième portion.
C’est cette montée là qui est indiquée à son départ par un panneau marqué « The Beast ». Ici, ça démarre fort sur les premières centaines de mètres (10- 12%) puis environ 5 à 8% sur un peu moins de 5 kilomètres.
La dernière portion est courte, mais elle peut faire mal au deuxième tour car située après une portion de descente. Ca monte aussi assez franchement bien que ce soit un peu moins raide que les portions précédentes.
Quel vélo choisir ?
C’est une question récurrente dans le milieu du triathlon: quel vélo? Le vélo « de route » (le vélo de course « normal ») ou le vélo « de tri » ou CLM (le vélo de contre-la-montre). En ce qui me concerne, je n’ai pas de vélo de tri. J’ai donc utilisé un vélo de route avec de longs prolongateurs sur le guidon, mais la plupart des participants utilisaient un vélo de CLM.
La longue portion plate, assez exposée au vent lors de ma participation, plaide clairement en faveur du CLM ou au moins de bon prolongateurs sur un vélo de route classique. Les montées dont on a parlé sont certes raides mais franchissables avec un tel vélo, quand aux descentes, à l’exception d’une descente dans la forêt avec quelques lacets, elles ne sont pas particulièrement techniques.
En conclusion, un parcours pas si évident, mais tout de même accessible et tout à fait réalisable aussi bien en vélo « route » avec des prolongateurs ou en CLM.
L’avantage de passer une semaine de vacances à New-York, c’est qu’on peut découvrir avant qu’ils ne débarquent en Europe les derniers modèles de chaussures.
Du coup, j’ai vu des tas de modèles dont j’ai entendu parler dans des magazines ou sur Internet sans jamais pouvoir les voir en vrai vers chez moi… Bien des modèles ne m’intéressaient toutefois pas vraiment, mais deux ont clairement retenu mon attention: les Vibram Five Fingers Bikila (que j’évoquais dans mon billet sur le barefoot et dont on reparlera dans un autre billet) et les Saucony Hattori, qui sont arrivées sur le marché très récemment.
Depuis que je fais du triathlon, je recherche des chaussures dans lesquelles je peux courir à pieds nus, sans enfiler de chaussettes, afin de gagner du temps lors de la deuxième transition (pour des triathlons jusqu’à la distance olympique), car je peux facilement parcourir 40km de vélo sans chaussettes sans que cela ne pose problème. Jusqu’à maintenant, les seules chaussures dans lesquelles je pouvais courir pieds nus étaient les Saucony Grid A4, mais pas pour très longtemps, maximum 5km, au delà ça devenait pénible et laissait généralement mes pieds dans un drôle d’état.
Fraîchement arrivé à New-York, intrigué par ces Saucony Hattori exposées en vitrine, je franchis la porte du premier magasin de chaussures. J’essaie une paire. Ces chaussures sont impressionnantes à plus d’un titre: la conception est très différentes des chaussures conventionnelles: pas de languette, pas de lacets, on se situe entre les pantoufles et les chaussures de plongée. Une membrane elastique fixée sur la semelle. L’intérieur de la chaussure présente un confort incroyable, grâce à l’absence de coutures et au choix des matériaux. La semelle est très souple, plus que celle de mes Asics Piranha SP3, ce qui en fait une chaussure minimaliste parfaite pour qui souhaite courir « barefoot ».
Sans hésiter, j’en achète une paire. Le lendemain matin, je pars dans Central Park pour un essai lors d’une course toute tranquille avant le petit déjeûner. Au vu du confort de ce modèle, je suis convaincu que c’est celui qu’il me faut pour courir sans chaussettes. Environ 5 kilomètres plus tard, je suis convaincu. Ces chaussures sont vraiment très légères (284g la paire en taille US 12, alors que mes Asics Pirnaha SP3 en taille US 11.5 pèsent 300g la paire). Le confort est bluffant, mais à pieds nus je pense que 10km semble être un maximum.
De retour chez moi, j’ai chaussé à nouveau mes Hattori pour courir sur un parcours en forêt de 8.2km que j’ai l’habitude d’arpenter avec mes SP3. Le premier constat: il faut faire attention aux cailloux pointus! En effet, la semelle est fine et légère mais protège moins. Le risque de se blesser reste faible à mon avis mais celle de se faire mal existe si on ne regarde pas où on met les pieds. Deuxième constat: le sentiment de voler est le même que dans Central Park! Même si j’ai maintenant l’habitude des chaussures légères, celles-ci sont les seules que j’ai essayé et qui me font complètement oublier… que j’en porte! Cependant, concernant la course sans chaussettes, soit j’ai les pieds trop sensibles, soit le frottement induit par la course quel que soit la chaussure est trop important, mais je commence à croire que ce sera difficle de courir ne serait-ce que 10km pieds nus dans ces chaussures, étant rentré avec des pieds à la limite de l’ampoule après 8 km.
La découverte de cette paire de chaussures est une excellente surprise, et sera clairement de la partie lors de mes prochains entraînements en altérnance avec mes Asics SP3. Quand au choix de la paire qui me servira pour le marathon de Lausanne en octobre, il n’est pas encore arrêté…
Il fallait s’y prendre tôt, car ces dernières années, l’Ironman de Lanzarote affichait complet moins de 4 mois après l’ouverture des inscriptions! Mais maintenant, je suis en mesure de vous annoncer que je serais de la partie, car mon nom apparaît officiellement sur la liste des participants 2012!
Depuis que je m’intéresse au triathlon je rêve de participer à CETTE course. Pas à n’importe quel Ironman, mais à celui-ci en particulier. Paradoxalement, je ne saurais pas dire exactement pourquoi dès que j’ai découvert cette course j’ai fait une fixation dessus, mais voici quelques raisons quand même:
Pour avoir déjà visité les ile de la Goméra, de la Grande Canarie et surtout de Ténérife, j’ai encore à l’esprit des paysages magnifiques.
Pour moi, l’Ironman c’est le niveau utlime du triathlon, la course dans laquelle tu vas au delà de tes limites, et que te dire pendant les moments les plus difficiles que tu vas pouvoir récupérer de tes efforts sur une plage de sable fin, ça doit être plus motivant que le train Zurich – Lausanne du retour.
Que de nager 3.8 km dans un lac à l’eau brune et opaque, c’était hors de question pour mon premier Ironman! L’Atlantique ça me botte nettement plus.
Faire son premier Ironman avec un parcours vélo de 2550m de dénivellé positif, c’est soit en même temps ton dernier Ironman, soit aucun autre ne peux plus te faire peur après ça. Idem pour les conditions de vents et de température extrême!
C’est où Lanzarote ?
Cette ile d’origine volcanique appartenant à l’archipel des Canaries, située au nord-est de l’archipel, elle est l’une des deux îles les plus proches de l’Afrique.
Un Ironman, vraiment?
Depuis que j’ai vu des gens courir en sortant de l’eau pour aller le plus vite possible en découdre sur leur vélo au triathlon de Lausanne 2008, et que je me suis vraiment intéressé à la discipline, j’ai comme objectif de terminer un Ironman. Après mon premier marathon en 2010 et le demi-Ironman en 2011, la suite logique était donc pour moi l’Ironman en 2012.
Alors un Ironman OK, mais si tôt dans la saison?
Oui, cette course aura lieu le 19 mai 2012, et il faudra être prêt pour enchaîner les 3.8km de natation, les 180km du parcours vélo et son terrible dénivellé puis les 42.195 km du marathon qui ponctuera la journée.
Alors certainement que l’entraînement, surtout le début, s’effectuera dans le froid et l’obscurité hivernale, avec une bonne quantité d’heures de vélo sur le rouleau, mais finalement, j’ai déjà préparé un demi-Ironman pour début juin cette année, même si je suis conscient que les conditions de début d’année étaient particulièrement favorables.
Et la suite, c’est quoi?
Pour l’instant, c’est un objectif encore un peu loin. Je vais déjà me concentrer sur la fin de ma saison 2011, avec les triathlons locaux cet été et le marathon de Lausanne fin octobre. Après le marathon, je prendrais deux ou trois semaines de repos, et à ce moment je planifierais ma préparation.
Au niveau plus logistique, je préparerais également cet automne la logistique, à savoir parincipalement le déplacement et l’hébérgement.
Il y a une année, quand je m’inscrivait pour le demi Ironman de Rapperswil, je n’avais vraiment aucune idée de la manière dont il fallait aborder la préparation à un tel triathlon.
Après avoir terminé le marathon de Lausanne fin octobre, je me suis accordé une pause de deux semaines environ, avant de reprendre progressivement un entraînement régulier.
Les mois de décembre et janvier ont été presque exclusivement consacrés à de l’endurance de base dans les trois disciplines, à savoir des entraînements à allure relativement lente, effectués à une fréquence cardiaque située entre 65 et 75% de ma FCM (fréquence cardiaque maximum). Si à cette période de l’année la course à pied et la natation ne posent pas trop de problèmes, le vélo a été principalement entraîné sur le rouleau.
Dès le mois de février, j’ai intégré des séances « 30/30″ de course à pied, à savoir des séances plus courtes mais avec des accélérations (30 secondes à fond, 30 secondes de récupération), afin de travailler ma vitesse maximale et ma VO2max.
C’est au mois de mars que j’ai commencé a augmenter le nombre de kilomètres en vélo, profitant de la météo plus que clémente de ce début 2011. Début avril, premier test en course à pied avec les traîne savates.
La suite de ma préparation jusqu’à la course de Rapperswil est planifié dans ce document (cliquez ici pour télécharger la version PDF):
Ce document n’est pas vraiment un plan d’entraînement à suivre à la lettre, mais plutôt une base de travail. Il s’agit des séances effectives et non des séances planifiées. Les séances de course à pied sont structurées (endurance, au seuil ou 30/30) mais les séances vélo et natation sont laissées à la libre apprécaition du moment, et donc planifiées un peu selon l’envie, seule la durée est fixée.
J’ai également profité des jours fériés ainsi que de quelques mercredis de congé pour y prévoir de longues séances.
La natation
Au niveau natation, ma seule préoccupation a été d’accumuler des kilomètres. Il me semblait inutile d’investir trop d’énérgie à vouloir à tout prix gagner des secondes en natation alors que je pouvais gagner plusieurs minutes en vélo ou en course à pied pour le même investissement.
Dès l’ouverture des piscines de plein air, je m’y suis rendu avac ma combinaison afin de me préparer à nager avec, car les sensations et les mouvements sont quand même légérement différents.
Et puis le point très faible de ma préparation: l’entraînement dans le lac avec la combi se résume à un petit quart d’heure le 22 mai dans le Léman… Il faut dire que je manque de motivation à entrer dans l’eau brune et froide afin d’y barboter pendant une demi-heure.
Depuis début janvier, j’ai nagé plus de 84km dans les bassins de la région.
Le vélo
Il me semblait dès le début essentiel de préparer correctement la partie cycliste de ce triathlon afin de pouvoir terminer par la course à pied dans des conditions de « fraîcheur physique » acceptables.
Le principal problème c’est que je ne connais pas le parcours vélo, et que je ne suis jamais allé le repérer. Donc j’ai planifié mon entraînement d’après le profil affiché sur le site de la course. J’en ai déduit les deux points suivants:
Le parcours est relativement roulant sur un grand nombre de kilomètres, il sera donc essentiel d’avoir une position la plus aérodynamique possible tout en étant suffisemment confortable pour être soutenue assez lontemps.
Au millieu de la boucle de 45 km se trouve une difficulté présentant de forts pourcentages pendant quelques kilomètres. Il faudra donc être prêt à affronter une bonne montée quand même.
La préparation s’est donc axée sur les deux fronts: pas mal de sorties incluant l’une des montées décites ci-dessous ainsi que des portions roulantes (le tour du lac de joux par exemple) afin de trouver une position confortable mais aussi efficace.
Afin d’affronter sereinement les pourcentages des routes du canton de St-Gall, je me suis principalement entraîné dans les difficultés suivantes autour de chez moi:
La montée Moudon – Martherenges
C’est dans cette montée que j’ai le plus travaillé en ce qui concerne les pourcentages de pente. Depuis Moudon, prendre la direction de Sottens. Après environ 2km de montée tranquille et régulière, en face de la caserne militaire, une petite route sur la droite monte directement à Martherenges, dans des pourcentages variant entre 8 et 12%.
Le profil de la montée, mesuré depuis le panneau de sortie de Moudon jusqu’à celui d’entrée dans Martherenges:
La monté démarre à 537m d’altitude à la sortie de Moudon. L’arrivée est à 759m, une différence de 222m pour 4.16km de parcours, ce qui nous donne 10.3% de pente moyenne.
Avec 7 montées, c’est la montée que j’ai le plus intégré dans mes différentes sortie de préparation, avec le meilleur temps effectué le 18 mai, en 17 min 44 (14.1 km/h de moyenne).
Le col du Mollendruz
C’est le premier col que j’ai franchi à vélo. C’est aussi le plus accessible depuis chez moi, et donc logiquement un terrain de jeu intéressant quand on se prépare à la montée à vélo.
Je grimpe en général le Mollendruz depuis L’Isle. Profil mesuré de la sortie de l’Isle jusqu’au panneau indiquant le sommet:
Le départ est à 675m, le col à 1184m, soit 509m de dénivellé pour 9.25km de montée, une pente moyenne de 5.5% donc, avec quelques passages entre 6 et 7%.
3 ascensions du Mollendruz dans la préparation de ce début d’année, avec un meilleur temps effectué le 25 mai, 35 minutes 04 secondes soit 15.8 km/h de moyenne.
Le col du Marchairuz
L’autre col du Jura vaudois pas trop loin de chez moi, plus difficile que le Mollendruz, monté depuis Bière.
Le profil de ce col, qui semble tiré à la règle, offre peu de moments de répits dans la montée. Démarrant à 735m d’altitude, le col culmine à 1449m, soit 714m de dénivellé pour 9.57km, soit une pente moyenne de 7.4%.
Une seule montée du Marchairuz dans ma préparation pour Rapperswil, le 4 mai. Les 9.57km de montée ont été franchis difficilement en 52 minutes 22, soit 11 km/h de moyenne.
Conclusion sur l’entraînement vélo
Finalement, j’ai trouvé une position qui me permette d’être efficace et confortable en même temps, sans être pénalisante dans les montées.
J’aurais au final effectué plus de 1’400 km sur les routes (sans compter les heures de rouleau) depuis le début de l’année.
Je me rassurais également sur mon endurance à bicyclette avec 4 sorties de plus de 90km (dont la journée lausannoise du vélo) qui comptaient bien plus de dénivellé positif que le parcours de Rapperswil.
La préparation en course à pied
Après le marathon de Lausanne en 2010, voilà au moins quelque chose pour laquelle j’avais plus d’expérience que nécessaire en vue de cette préparation!
Avec trois séances par semaine en moyenne, depuis le mois de janvier une séance est consacrée à la VMA, les deux autres en endurance. A partir de mi-avril, la séance « 30/30″ est remplacée par une séance au seuil, avec un échauffement en endurance puis 2 fois 10 à 15 minutes à un rythme légérement suppérieur à celui prévu pour la compétition.
Une séance par semaine est consacrée à une sortie plus longue, entre 15 et 20 km en général, à un rythme endurance (environ 75-80% de ma fréquence cardiaque maximum).
Depuis le début de l’année, plus de 540km de course à pied à l’entraînement.
Les entraînement d’enchaînement Vélo – Course à pied
Il ne faudrait pas oublier avec ces entraînements dans chaque disciplinesque le triathlon consiste à les enchaîner dans la foulée!
J’ai donc intégré plusieurs entraînements constitués d’une sortie à vélo immédiatement suivie d’une séance de course à pied. Le plus long entraînement a consisté en l’enchaînement d’une sortie à vélo de presque 100km (montée du Mollendruz, tour du lac de Joux, retour) suivi d’environ 7km de course à pied. D’autres comportaient moins de vélo (entre 30 et 40km) mais plus de course à pied (jusqu’à 13km).
Quand aux enchaînements natation – vélo je ne les ai jamais vraiment travaillés. A part une légère perte d’équilibre à la sortie de l’eau qui s’estompe très rapidement, je n’ai jamais éprouvé de difficultés majeures dans cette transition au cours de mes précédents triathlons. De plus, ces entraînements sont probablement les plus difficiles à organiser.
Retour sur cet entraînement après la course
Au moment du débriefing, voici ce que je constate: la planification d’entraînement global était bon. La seule faiblesse de ce plan est le manque de séance d’enchaînement vélo – course à pied comprenant beaucoup de course à pied (au delà de 15km).
L’essentiel est de dire que cet entraînement m’a permis de terminer le half-Ironman prévu dans les temps prévu, et c’est là le plus important.
Vendredi, venant tout juste d’arriver à Rapperswil, je suis allé chercher mon dossard. Lors de mes triathlons précédents, ou du marathon de Lausanne l’année passée, c’est à partir de ce moment que la pression commencait à monter. Mais curieusement, cette fois, ce ne fut pas le cas.
Les jours avant la course
Vendredi donc, je vais chercher mon dossard avant de rentrer à mon hôtel pour aller manger, puis monter dans ma chambre pour remettre mon vélo en état après la mise en pièces nécessaire pour son transport en train.
Samedi matin, debout assez tôt pour aller déjeûner puis faire quelques pas dans la ville, et en profiter pour repérer une partie du parcours de course à pied, dont les fammeux escaliers, qu’il faudra monter deux fois pour boucler le semi-marathon qui concluera ce triathlon.
Un peu avant midi, je retourne vers le départ de la course pour manger une assiette de pâtes et repérer le parcours de natation. Passage à l’hôtel pour récupérer mon dossard avant de me rendre au briefing avant la course. A ce moment, je rencontre les gens du Tri Team Lutry. J’avais établi un premier contact pour aller m’entraîner avec eux plus tard en juin et du coup je fais connaissance avec certains de leurs membres. Tous sont très sympas et c’est avec eux que je vais passer une bonne partie de la suite du week-end, à commencer par le briefing d’avant course, auquel nous nous rendons tout de suite après.
Après le briefing, durant lequel je n’ai finalement pas appris grand chose, nous retournons à l’hôtel récupérer casques et vélos pour les enregistrer dans la zone de transition. Ensuite, c’est direction la patinoire pour la « Welcome Party », soirée pâtes bolognaise et show à l’américaine lors de la présentation des championnats du monde Ironman 70.3 à Las Vegas.
Pour changer, ce sont des pâtes qui sont au menu, ensuite nous passons un moment au bord du lac, près du départ natation, avant de nous rentrer, évitant de peu le déluge.
De retour dans ma chambre, je prépare toutes les affaires pour le lendemain matin, chaussures de vélo, de course à pied, chaussettes, combi de natation, dossard, je vérifie et re-vérifie que je n’ai rien oublié et je m’endors.
Le matin de la course
Levé vers 6h30 pour aller déjeûner à 7h. Après le petit déj, je remonte dans ma chambre et me recouvre de la tête aux pieds de crème solaire. Ensuite, j’enfile mon trifonction, embarque mon sac et me rend dans la zone de transition.
J’arrive sur place vers 8h20. J’enlève la couverture en plastique que j’a utilisé pour recouvrir mon vélo lors de sa mise en place le samedi, avec raison car mon vélo a été correctement protégé de l’averse. Je vérifie la pression des boyaux de mes deux roues et dispose mes affaire le mieux possible malgré la place restreinte. Une fois ma zone de transition installée, j’embarque mon bonnet, ma combinaison et mes lunettes, et je me rend vers la zone de départ. Il est 9h00, mon départ est fixé à 9h20.
Après avoir enfilé ma combinaison, je me met à l’eau, malgré l’annonce d’une eau à 18°C, j’ai du mal à me mettre à nager pour m’échauffer au début, mais après quelques mouvements, ça va mieux. Je m’aligne au départ attend les 5 dernières minutes avant mon départ, prêt à en découdre.
La natation
Le coup de pistolet. Les bras se mettent à tourner et tout le monde file dans le même direction. Nous ne somme pas trop dans notre catégorie et le départ est donc assez calme. Je nage à un bon rythme sans toutefois me tuer à la tâche. Habituellement, j’ai de la peine à nager dans la bonne direction, mais cette fois, tout va très bien et je tiens bien la corde. Au demi tour, je prend le virage en passant très près de la bouée sans pour autant que ce ne soit une grosse bataille.
Le retour est un tout petit peu plus difficile au niveau navigation car on prend comme cap directement l’entrée du petit port pour aller le plus possible en ligne droite vers la sortie de l’eau, et il faut bien sortir la tête de l’eau pour voir où on va.
Au final, j’entre dans le petit port, l’eau devient très sale et on se réjouis d’en sortir. Je me hisse enfin hors de l’eau et jette un oeil sur ma montre: moins de 37 minutes. Objectif natation 40 minutes atteint!
Transition 1: de la natation au vélo
Je sors de l’eau et cours en direction de ma place dans la zone de change. Arrivé devant mon vélo, je me suis déjà presque entièrement débarrassé de ma combinaison. J’enfile mes chaussettes et mes chaussures de vélo, les lunettes et le casque sur la tête et je pars en courant à côté de ma monture. Sorti de la zone de change, j’enfourche l’engin. Transition 1: 4min 14.
Le vélo
Je sais que le parcours vélo n’est pas plat même si il m’a été décrit comme assez roulant. Constitué de deux tours de 45 km, il sera une découverte car je ne le connais pas du tout.
Le départ est idéal, avec un léger vent dans le dos et du plat sur plusieurs kilomètres. Arrivé à la première difficulté nommée « Witches hill« , je comprends tout de suite que c’est plus que des petites grimpettes dont on me parlait. Après avoir baissé mes rapports jusqu’au dernier et pédaler dur pour monter à 9km/h, je regarde mon altimètre: pente de 16% ! Celle-ci diminue toutefois après quelques centaines de mètres seulement et je relance correctement en haut de la difficulté, mais c’est pour enchaîner quasi tout de suite avec la seconde montée.
Quand on arrive à la bifurcation et que dans le virage on tombe nez à nez avec un gros panneau marqué « The Beast« , on attaque pas le truc en force, mais on se dit qu’on va y aller souple au premier passage, « pour voir ». Et rapidement, on voit! Et je me retrouve de nouveau dans des pourcentages dignes du Tour d’Italie. Je reparlerais sur ce blog de mes entraînements vélo, je suis à ce moment très content d’avoir pratiqué dans des pentes importantes aussi. Après cette montée qui continue sur plusieurs kilomètres, entrecoupée toutefois de quelques passages à plat, on entame la descente.
Malgré plusieurs virages serrés et dangereux et de quelques remontées ne représentant pas de grosses difficultés, la descente est quand même assez roulante. Le retour vers mon point de départ s’effectue avec un léger vent de face mais en appuyant un tout petit peu, je maintiens une moyenne aux alentours de 30 km/h, juste ce qu’il faut pour mon objectif vélo de 3 heures.
Le deuxième tour est effectué quasiment au même rythme (1 minute 40 de plus que le premier) pour boucler le parcours, annoncé à 90.1km (mesuré par mon GPS à 85.5km) en 2h52.
Transition 2: du vélo à la course à pied
De retour à ma place, j’enlève mes chaussures de vélo, mon casque, je met une casquette, j’enfile mes chaussures et je me lance en direction de la sortie de la zone de transition.
La course à pied
Commence alors le semi-marathon, épreuve finale de ce triathlon. Je cours le premier puis le deuxième kilomètre en 5min15. Je me suis fixé comme objectif de terminer ce semi en moins de deux heures, soit environ 5min 30 au kilomètres. Je suis éprouvé mais je tiens le rythme, les 5 premiers kilomètres tout du moins.
Tout devient terriblement plus difficile dès le 5ème kilomètre. La fatigue est bien là et le rythme baisse. Arrivé au centre de Rapperswil, il faut monter les escaliers. Je monte en marchant, tranquillement, et je me remet à courir en haut. Premier passage au fond de la ville et je récupère un bracelet rouge.
Le premier tour de 10.5 km est finalement bouclé en 1h01, je suis déjà en retard sur mon objectif, et je ne vais pas être capable d’accélérer sur le deuxième tour. Je m’attend au pire, mais refuse de me mettre à marcher. Au deuxième tour, Alex du Tri Team Lutry me dépasse et m’encourage au passage. J’essaie de me mettre à son rythme mais j’oublie après 4 mètres…
Oubliés tous les objectifs temps, la seule chose qui compte maintenant, c’est de courir jusqu’au bout. Je jette mes dernières forces dans la bataille. Après le deuxième passage des escaliers, je m’arrache pour me remettre à courir, puis je passe devant les volontaires qui me remettent le bracelet jaune qui signifie que je suis passé une deuxième fois au fond de la ville. Plus que trois kilomètres. Ultime ravitaillement. Plus que deux kilomètres. Plus qu’un.
Je prend la direction de la ligne d’arrivée. Enfin. Je passe sous l’arche et j’arrête mon chrono. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai quaisment réeussi à maintenir le rythme sur le deuxième tour de course, bouclé en 1h03.
Je réalise: je viens de terminer mon plus gros objectif de la saison en 5h39. Même si je visait 5h30 avant le départ, je n’ai aucun regret: j’ai vraiment mis toutes mes forces dans la bataille.