Voilà un peu plus d’une année maintenant que je pratique la course à pied avec des chaussures minimalistes. Je suis passé progressivement de mes chaussures « conventionnelles » à des chaussures dites « minimalistes », comme je le décrivais déjà au mois d’avril dans cet article.
Je considère maintenant que la transition est entièrement accomplie et adoptée, après avoir couru le marathon de Lausanne 2011 avec mes Piranha SP3.
Au niveau des sensations, il me semble évident que depuis que je cours en minimalistes, ma posture en course à pied est bien meilleure. Et mon ressenti, passé les quelques mois qui suivent la transition et l’effet « nouveauté », le feeling en course est bien meilleur qu’avant. Je prends effectivement plus de plaisir à courir maintenant.
Différentes chaussures, pour différents usages
Depuis le début de ma transition vers des chaussures minimalistes, j’ai utilisé et continue de tester différentes paires de chaussures. Vous trouverez ci-dessous les chaussures que j’utilise actuellement.
Asics Piranha SP3
Ce sont clairement les chaussures que j’utilise le plus, aussi bien à l’entraînement qu’en compétition, sur toutes surfaces, aussi bien en forêt que sur route ou sur piste. Cette année, je les ai utilisées pour les 20km de Lausanne, Morat-Fribourg et le marathon de Lausanne ainsi que pour plusieurs triathlon, dont Rapperswil (la seule modification que je leur ai apportée pour le triathlon est le remplçement des laçets par des bandes elastiques, pour des transitions plus rapides).
Cette chaussure ne présente quasiment aucun ammorti. Elle dispose d’une semelle stable mais pas trop rigide tout de même. Une bonne illustration de la déformation progressive de la semmelle des SP3, ci après:
D’abord avec une paire de SP3 neuves:
On y voit une semelle relativement plate. Mais après quelques centaines de kilomètres, cette dernière prend une forme bien plus marquée:
On y voit clairement que la semelle s’est formée à l’attaque sur l’avant du pied. C’est ce compromis entre une certaine rigidité de la semelle mais sa déformation progressive pour s’adapter au mouvement naturel du pied que j’apprécie avec cette chaussure.
Point faible de cette chaussure, la longévité. En effet, cette chaussure est conçue initialement uniquement pour la compétition, et son poids en fait une chaussure qui dure au maximum 450 à 500km (la faute aussi à une semelle qui n’est pas renforcée sur l’extérieur du pied et qui s’use plus rapidement de ce côté).
Vibram Five Fingers Bikila
Chaussure que j’apprécie particulièrement pour son interface minimale entre le pied et le sol, la Bikila me permet de travailler les mêmes qualités que la course pied nus, sans le risque de blessures sous la plante des pied liés à ce type de course. Vous trouverez mes impressions après les premières utilisations dans ce billet.
J’utilise ces chaussures plusieurs fois par mois sur des sorties de 10 à 15km maximum, pour l’instant toujours en nature, mais leur utilisation sur route ou sur piste est tout à fait possible. Ces séances me permettent de renforcer mes mollets, car avec ces chaussures, 100% de l’ammorti est effectué par le mollet et le tendon d’Achille. La moindre attaque talon se fait immédiatement resentir. Les séances effectuées avec ces chaussures ont donc le mérite de faire travailler l’attaque du pied parfaite, sinon, on sent tout de suite l’impact.
La course minimaliste est bien plus éprouvante encore avec ces chaussures qu’avec les SP3. Il faut du temps pour renforcer suffisamment le tendon d’Achille et le muscle du mollet afin de pouvoir courir à l’aise ne serait-ce que 10 à 12km avec ces chaussures, et surtout pour ne pas avoir les mollets qui tirent après la course.
J’envisage sérieusement d’utiliser ces chaussures en compétition, mais pas sur des distances suppérieures à 15km pour l’instant. Il est donc probable que la saison prochaine, je les utilise sur une ou deux courses comme les traîne savates.
Je compte par contre utiliser de plus en plus ces chaussures lors de mes entraînements courts, afin de renforcer mes pieds ainsi que les muscles et tendons de mes mollets.
Concernant la longévité, je n’ai pas couru assez avec mes Bikila pour juger de leur résistance, mais elle est clairement suppérieure à celle des SP3, car après 100km leur semelle ne montre aucun signe d’usure, pareil pour l’empeigne.
Dernier détail à propos des Vibram, ce sont les seules chaussures que je peux porter plus de 6 à 7km sans porter de chaussettes.
Saucony Hattori
Découvertes lors d’un voyage à New York, j’utilise les Hattori en entraînement (mois souvent tout de même que les deux autres paires). Au niveau du ressenti « barefoot », elles se situent entre les SP3 et les Bikila. La semelle est aussi souple que celle des Bikila mais un peu plus épaisse. La structure de la chaussure est très particulière (voir le détail dans ce billet).
Leur facilité d’enfilage et de fermeture (un unique vélcro) ainsi que la possibilité de les porter sans chaussettes sur une distance allant jusqu’à 7km (un peu plus je pense si je m’entraîne plus souvent avec) en fait un premier choix pour les triathlons courts, comme celui de Lausanne cette année.
Reste à tourver une chaussure d’hiver minimaliste
Le point commun à ces trois chaussures est leur inconfort dans les conditions hivernales. Le constat est simple: des chaussures à ce point légères ne peuvent pas resister très longtemps à l’eau ou à la neige. Je suis donc en train de chercher et de tester plusieurs paires pour trouver la paire que j’utiliserais lorsque les conditions météo seront plus humides. Bien sûr, ce sera une chaussure la plus minimaliste possible.
Je ne manquerais pas de publier un billet à l’occasion pour vous faire part de mes conclusions à ce propos.
Et les blessures alors ?
Déjà lorsque j’écrivais mon premier billet sur ma transition au barefoot running, j’écrivais que je ne pouvais pas juger l’effet des minimalistes sur les blessures en course à pied, n’ayant jamais été blessé avant d’effectué ma transition, à l’exception de quelques pérsiotites, qui finalement partaient assez vite.
Le constat est toujours le même. Durant cette saison, je n’ai pas été blessé, mis à part les fammeuses périostites, que j’ai réeussi à maîtriser en portant des manchons de compression, comme je le décricvais il y a quelques mois.
Conclusion: pas d’avis, en faveur ou défaveur du barefoot en ce qui concerne les blessures…