Disponible depuis 2009, le système de dérailleurs électrique de Shimano, le Dura-Ace Di 2 a été rejoint en fin de saison passée par le groupe Ultegra électrique. Dès l’année prochaine, ce sera au tour de Campagnolo d’arriver sur le marché du dérailleur électrique avec leurs groupes Super Record EPS et Record EPS. SRAM travaillerait également à une solution maison. Bien sûr, cette solution ne concerne pas le freinage qui reste actionné entièrement de manière mécanique.
Une amélioration ou une révolution ?
Commençons par lister les avantages et inconvénients d’une solution électrique par rapport à une solution mécanique. La liste suivante est basée sur les informations acquises dans la littérature spécialisée et sur Internet, car je n’ai encore jamais eu dans les mains un vélo monté en électrique:
Avantages de la solution électrique:
- Le passage de câbles électriques est vraisemblablement plus facile que le passage de gaines et de câbles mécaniques dans les passages à l’intérieur du cadre. Une probable évolutionfuture des groupes électrique est d’ailleurs un fonctionnement « sans fil ».
- L’indexation et le réglage de l’alignement des dérailleurs avec la chaîne et les plateaux est automatique. Il est même possible de ré-aligner tout en roulant sur certains groupes.
- Il est possible de placer des commandes de déraillage à plusieurs endroits du guidon. Si cet avantage n’a que peu d’incidence sur un vélo de route classique, il devient nettement plus important sur un vélo de type « contre la montre » avec la possibilité de placer des commande de déraillage à proximité des poignées de freins en plus de celles en bout de guidon.
- L’action de déraillage ne requiert pas d’appliquer de force physique sur les leviers de commande, mais simplement de presser sur un bouton. De plus, il est possible par une simple pression de passer tous les pignons de la cassette de bas en haut ou de haut en bas (sur le groupe Campagnolo EPS en tout cas).
Du côté des inconvénients, je relève les points suivants:
- Une augmentation du poids par rapport aux groupes mécaniques, même si les différences ne sont pas aussi importantes que ce à quoi on pourrait s’attendre.
- La nécessité d’avoir une batterie chargée. Même si les autonomies annoncées par Shimano ou Campagnolo sont « confortables » (2’000 km ou plus) il faut tout de même penser à rechargerde temps en temps. De plus, il est impératif d’emmener son chargeur si on voyage avec son vélo.
- Les compétences mécaniques ne servent plus à grand chose en cas de dysfonctionnement. Si le système ne marche plus, peu de chance de réparer soi-même, ou même chez son revendeur. Délais plus longs donc en cas de panne.
A l’utilisation, le système serait très agréable (pour le Di2 en tout cas, rares sont ceux qui ont pu tester le système de Campagnolo). De l’avis des utilisateurs de Di2, les vitesses passent de manière bien plus douce et précises qu’avec un groupe mécanique. Le réglage est grandement facilité et la durabilité est excellente, même en conditions difficiles (en cyclo-cross par exemple).
Les groupes électrique sont-ils l’avenir du vélo ?
L’avenir nous dira si cette technologie s’impose réellement. Les équipes cyclistes professionnelles qui testent les groupes des deux constructeurs depuis plusieurs saisons semblent les avoir adoptés. Au niveau des prix, si les premières version du Dura-Ace Di2 étaient réservées à une élite, des groupes comme l’Ultegra Di2 et le Campagnolo Record EPS semblent être tout aussi (voire plus) accessibles que des groupes mécaniques haut de gamme.
Du point de vue du changement de vitesses, les évolutions ces dernières années se sont limitées à l’augmentation progressive du nombre de pignons disponibles sur la cassette à l’arrière, passant de 8 à 10, et même 11 chez Campagnolo. Le dérailleur électrique est à n’en pas douter la plus grosse évolution des 20 dernières années en matière de transmission. Mais à mon avis, il s’agit plus d’une évolution que d’une réelle révolution…



