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Compte rendu

Cyclocross d’Aigle 2015, manche de l’Omnium romand

Publié 31 octobre 2015 à 20 h 37 min   /   par   /   commentaires (3)

Il y a deux ans, j’ai acheté un vélo de cyclocross. En gros, c’est comme un vélo de route, mais avec des passages de roues un peu plus larges, des freins différents (à disques sur le mien) et surtout des pneus (ou boyaux) adaptés au terrain dans lequel on évolue… Le seul but lors de l’acquisition de ce vélo était de pouvoir varier mon entrainement de vélo en fin de saison, et profiter de l’automne sur les chemins forestiers et oublier un peu la route. L’avantage du vélo de CX est que la position change peu par rapport au vélo de route, et il est également adapté pour une sortie dans de mauvaises conditions sur la route (moyennant de changer les pneus).

Cyclocross

Et donc depuis deux ans, j’utilise mon vélo de cyclocross pour de petites promenades dans le Jura ou dans les forêts vaudoises, sans prétentions et sans travailler aucunement ma technique. Mais cet automne, je me suis intéressé à l’Omnium de Cyclocross romand, suite de courses à travers la Suisse romande. La deuxième manche avait lieu ce samedi autour du centre mondial du cyclisme, à Aigle, là où je roule habituellement sur la piste! Je me suis donc inscrit, sans trop savoir dans quoi je me lançais!

Ce matin, après une petite séance de natation, j’arrive vers les 10h30 sur place. La boucle étant ouverte à la reconnaissance avant la compétition, j’ai tout intérêt à essayer un peu avant de me lancer dans le truc. Je récupère mon dossard, me rend au vestiaire pour me changer, prépare mon vélo en gonflant les pneus à 2 bars comme on me l’a conseillé, je vire le porte-bidon et la sacoche sous la selle, et je sors voir de quoi il ressort.

cyclocross_aigle_2015_dossard_web

Les conditions sont idéales: le terrain est presque sec, le soleil brille et la température est agréable. Le terrain est presque trop sec pour des conditions d’adhérence optimales, il parait. Moi j’y connais pas grand chose…

La zone de départ du parcours est sur la route, puis dans l’herbe, à plat pour quelques centaines de mètres. Jusque là rien de bien sorcier. Ensuite, la première subtilité est un petit virage serré dans un creux. Moyennant d’entrer soigneusement là-dedans, je m’en sors très bien.

cyclocross_aigle_2015_brouillard_web

Une centaine de mètres de plus sur le chemin de graviers, puis à nouveau de l’herbe et une petite montée d’un talus, suivi d’un petit slalom. Et là, le parcours devient plus technique. Première descente en dévers. Je me fais déporter à chaque fois dans celle-là. Quelques mètres plus loin, le petit frère en montée. Ici, peu nombreux ont été ceux que j’ai vus passer sans poser le pied, après une première tentative infructueuse (et ridicule, soit-dit en passant) je descend du vélo et je le pousse, pas moyen que je tienne debout là-dedans… Et ça ne fais que commencer. Dévers en descente puis en montée encore un peu plus loin. Ceux-ci, je les passe sur le vélo. Ensuite, dans de l’herbe sur du plat. Et là, il s’agit de prendre assez de vitesse car au bout, il y a un « mur »!

cyclocross_aigle_mur_web

Je passe tout juste le truc, au prix d’un bon coup de pédale sur la fin pour aider le matos à passer! Ensuite, un bout de plat, mais le répit est de courte durée, car un nouveau dévers arrive, une cuvette, ça descend puis remonte aussitôt. Sauf qu’au premier passage, je suis descendu mais jamais remonté… Il aura fallu que je me relève et que je pousse le destrier jusqu’à la sortie. Une fois passé, le circuit nous fait passer sur quelques bosses de la piste de BMX et la partie technique finale arrive. En premier, encore un dévers. Je le passe sur le vélo mais en dé-clippant le pied intérieur:

cyclocross_aigle_2015_devers_web

Ensuite, l’escalier. Il s’agit donc de descendre du vélo, le prendre sur l’épaule, et grimper les marches. Au moins, grâce au triathlon, je maîtrise assez rapidement la technique de descente rapide du vélo, même si en transition, je ne l’ai jamais porté!

cyclocross_aigle_2015_escaliers_webPuis de remonter aussitôt pour la descente qu’il y a derrière:

cyclocross_aigle_descente_webFacile à dire, moins à faire… Surtout à 185 puls. La suite est un dernier zig-zag dans le terrain herbeux, plat, qui nous ramène sur la ligne de départ! La boucle fait 2.6km, l’objectif est d’en faire 10 tours. Mais un tour de ce truc à bloc et je serai mort!

Après avoir bouclé mon premier tour de reconnaissance, je commence à me demander ce que je fais là… Sans aucune technique spécifique, je me suis cassé la figure au moins trois fois (la plupart du temps à l’arrêt). Après une petite pause et quelques discussions avec les experts, je me relance dans un autre tour de reco, avec des fortunes un peu meilleures dans chaque passage.

La course

Les choses sérieuses commencent lorsqu’il faut se rendre sur la ligne de départ. On est quant même un sacré paquet à partir en même temps. Je me place naturellement derrière, non seulement je n’ai aucune prétentions vis à vis du classement, et je n’ai pas particulièrement envie de me mettre au tas dans le premier virage. Ma première surprise arrive au moment du coup de feu: ça part à une vitesse que je n’aurais jamais pu imaginer. Tout le monde est au taquet, mais sauf pour les premiers, c’est relativement inutile: des paquets se forment dans les points stratégiques, et on pousse le vélo parce qu’il est impossible de prendre assez de vitesse.

Je reste en queue de peloton, et suis l’allure du dernier groupe, qui s’étire rapidement. Après la première moitié du premier tour, on retrouve un peu de place, les mecs rapides sont déjà hors de portée.

Le cyclocross est donc bien le truc le plus intense que j’ai eu l’occasion de pratiquer sur un vélo. Les pulsations montent puis plafonnent, mais elles ne redescendent plus beaucoup. Montée, descente, dévers: ça tape dans les bras, les jambes… bref je m’amuse comme un fou, à la limite de l’arrêt respiratoire.

Courbes Flow

Après trois tours, je me demande combien de temps ça va durer. Et puis les premiers me dépassent déjà.

Quand tu te fais dépasser, ça n’arrête plus, tout le peloton arrive derrière. Il faut donc essayer d’éviter de gêner le plus possible, tout en continuant à rouler. La bonne nouvelle quand les premiers te prennent un tour, c’est que tu en auras un de moins à faire. Ils m’en prendront deux!

Dans les derniers tours, la lucidité s’en va un peu, et les passages techniques deviennent de plus en plus aléatoires: je manque de me mettre au tas plusieurs fois. Enfin, passage sur la ligne et la cloche retentit! Dernier tour. Au courage, car j’ai plus trop de jus.

Je termine 16ème de ma catégorie, les résultats sont en ligne ici. Dernier des classés, devant un DNF et deux DNS… Y’a encore du boulot.

La trace de ma V800 est disponible en ligne sur Polar Flow.

Et ensuite

Riche en enseignements, cette journée a mis en lumière mon manque de technique principalement. Il me faudra donc essayer de travailler ceci sans perdre de vue que mon principal objectif reste le triathlon. Reste à trouver des dévers et des descentes autour de chez moi, pour exercer mes futurs talents de cyclorossman. Et pourquoi pas prendre part à une autre manche de l’omnium cette année encore!

Commentaires (3)

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Commentaire
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  • 1 novembre 2015 à 23 h 48 min Stéphane

    Encore un truc (plein de nouvelles techniques!) à apprendre, comme si nager, courir, se nourrir, rouler, se documenter sur le matos, le tester, rouler sur piste, ne suffisait pas!!

    T’as une énergie incroyable. Bon arrivés les mauvais jours les entraînements sont moins intenses et c’est toujours bon de se changer les idées avec d’autres sensations.

    Bon courage pour tes nouvelles aventures.

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  • 20 novembre 2015 à 15 h 48 min Florios

    Je me suis bien marré en te lisant! Non pas pour me moquer, entendons-nous bien: je n’ai jamais essayé et serai bien incapable de suivre le rythme, même du dernier, certainement. Mais ça devait être fun! On m’a dit que dans certaines courses en Belgique, il fallait boire une pinte de bière à chaque tour… ;-)
    Bonne suite!
    F

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    • 21 novembre 2015 à 13 h 33 min nakan

      Hello,

      Effectivement, il y a de quoi rire. C’était un peu comme si un hockeyeur devait faire du patinage artistique… Déjà que c’était la galère sans bière… Je ne suis pas près d’aller faire de genre de courses en Belgique ;-)

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