Le test: Nike Free Run 2

Comme j’en ai parlé dans mon billet sur ma blessure au pied droit, j’ai utilisé plusieurs paires de chaussures différentes pour mon retour progressif à la course à pied. Voici la première paire que j’ai utilisée: la Nike Free Run 2.

J’ai choisi cette paire pour recommencer à courir après une interruption de presque un mois. Cette paire, offrant à priori plus d’amorti qu’une paire minimaliste, me semblait adaptée à mon retour à la course.

J’ai choisi d’évaluer les différentes chaussures qu’il m’a été donné d’utiliser lors de cette phase de reprise sur les critères suivants:

  • Drop, influence sur l’attaque du pied
  • Flexibilité de la semelle, sentiment de minimalisme
  • Poids et confort de la chaussure
  • Sentiment général lors de la course, conclusion

Il s’agit clairement d’une évaluation subjective, au « feeling ». Cependant, cette évaluation ainsi que celles des autres chaussures qui arriveront bientôt pourront peut-être aider certaines personnes désireuses de faire le pas vers des chaussures un peu plus minimalistes sans toutefois bouleverser leurs habitudes!

Drop, influence sur l’attaque du pied

La Nike Free est une chaussure qui possède un certain drop (la semelle est plus épaisse au niveau du talon qu’au niveau des orteils). Ce drop est toutefois moins important que sur les chaussures traditionnelles que j’ai pu utiliser par le passé. Lors de ma reprise, à cause de la douleur (ou de la peur de la douleur) sous le pied, j’avais tendance à attaquer légèrement du talon. J’ai ensuite rapidement repris une attaque « midfoot » en constatant que tout allait bien.

La Nike Free n’influence pas excessivement le coureur à attaquer du talon comme pourrait le faire une paire très coussinée, une attaque « midfoot » (atttaque par le milieu du pied, où l’on attaque le sol en posant le pied à plat) dans cette chaussure semble tout à fait natuelle. Cependant, j’ai tenté sur quelques foulées d’attaquer comme j’en avais l’habitude en « forefoot » (avec l’avant du pied) et dans ce cas il faut le faire un peu « contre nature », bien que courir ainsi avec ces chaussures soit tout à fait possible.

Ceci en fait une excellente chaussure de transition entre une chaussure traditionnelle et une chaussure minimaliste, qui va progressivement amener le coureur à une attaque « midfoot » tout en permettant au début de la transition une attaque talon « sans dommage ». Cependant, à mon avis, cette chaussure ne va pas amener le coureur à attaquer « forefoot », mais ceci n’est finalement pas indispensable pour bénéficier des bienfaits de la course minimaliste.

Flexibilité de la semelle, sentiment de minimalisme

La semelle de la Nike Free est incroyablement flexible. Le déroulement du pied n’est presque pas entravé par la semelle, et le pied agit librement, et ce sur tous les axes. Au niveau de la flexibilité de la semelle, je situe la paire au même niveau que les Saucony Hattori, elle est donc meilleure que les Piranha SP3.

Lors de l’attaque du pied au sol, on sent très bien le coussinage de la chaussure, même avec une attaque de type « midfoot ».

Lors de ma reprise, c’est précisément cet effet que je recherchais pour soulager mon pied droit. Le sentiment de minimalisme est peu présent, car la chaussure est très présente à ce niveau, offrant une interface claire entre le pied et le sol, cette même interface que l’on souhaite réduire au maximum dans la course minimaliste. De plus, la semelle interne soutient très clairement l’intérieur de la voûte plantaire, ce que je ne ressentais pas dans aucune de mes paires de chaussures minimalistes.

Poids et confort de la chaussure

La Nike Free est la chaussure la plus lourde de toutes celles que j’ai décidé d’utiliser ces prochains temps, affichant 289g en taille US 12, mais bien que présentant une semelle assez épaisse et une empeigne solide, la chaussure ne donne pas l’impression de courir avec une chaussure « lourde ».

Au niveau du confort, ce qui impressionne quand on enfile pour la première fois cette chaussure, c’est la conception hybride de la chaussure, entre le chausson (pas de languette séparée du reste de la chaussure) et le laçage traditionnel. En limitant ainsi les coutures et les irrégularités à l’intérieur de la chaussure, le confort est bluffant! C’est une chaussure que l’on pourrait peut-être utiliser quelques kilomètres sans chaussettes, mais au vu des température ces temps, je n’ai pas essayé! L’avant de la chaussure (toe box) laisse beaucoup de place pour les orteils, qualité que j’apprécie particulièrement avec mes pieds assez larges.

Sentiment général lors de la course et conclusion

J’ai choisi cette chaussure dans un but précis: retrouver un amorti accru par rapport à mes chaussures habituelles (Saucony Hattori, Piranha SP3 ou Vibram Five Fingers) en vue de reprendre progressivement la course à pied. Dans ce cadre là, cette chaussure s’est révélée parfaite, offrant un amorti supplémentaire tout en laissant le pied libre de ses mouvements grâce à une semelle particulièrement flexible. J’ai été agréablement surpris par cette paire en terme d’adaptation à une attaque « midfoot », très confortable malgré le drop plus important que sur mes chaussures minimalistes. J’ai également été agréablement surpris par son confort.

Je recommanderais volontiers cette chaussure à toute personne courant aujourd’hui avec des chaussures traditionnelles et qui souhaite faire un premier pas vers le minimalisme, sans chambouler sa pratique. Ce qui surprendra au début sera la flexibilité de la semelle, qui sera appréciée en premier lieu sans changer le type de foulée. Ensuite, il sera possible peu à peu de modifier l’attaque en allant de plus en plus vers une attaque « midfoot », si c’est l’objectif recherché.

En tous les cas, je pense garder cette paire sous la main après mon retour à la course avec des chaussures plus minimalistes, et les ressortir si nécessaire en cas de douleur ou de problème lié à la charge trop importante dû à une attaque trop « forefoot ».

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11 commentaires pour “Le test: Nike Free Run 2

  1. Salut Greg,

    J’ai justement choisi l’option Nike Free pour cette année, j’ai quasiment les mêmes que tu décris, j’ai la version Free 3.0 v3 (eh oui comme j’étais aux USA en fin d’année dernière, ils ont un peu d’avance sur les modèles que l’on peut trouver ici…). Franchement, je trouve que cette paire de chaussure est la grande classe!!

    En fait j’avais pour envie d’améliorer ma technique de course, et pour cela il faut absolument que je passe en midfoot pour moins solliciter les genoux comparé à une attaque trop sur le talon… Et franchement avec ces Nike je trouve que c’est le compromis parfait, je ne voulais pas basculer directement sur une attaque frontfoot. Je garde par contre mes Nike Pegasus pour les sorties endurance, car les Free ne sont pas faites pour des sorties >45-50′ à mon avis…

    J’ai aussi choisi ce modèle pour pouvoir courir pieds nus sur 10km et avec le revêtement intérieur je pense que cela doit tout à fait être possible, de même que le fait de le pas avoir de languette cela ne nécessite pas de serrage particulier, le pieds tient suffisamment bien…

    Bref tout cela pour dire que j’ai toujours eu des Nike aux pieds et je ne compte pas changer!

    1. Salut le triathlete,
      je viens de lire très brièvement ton récit de blessure et personnellement je pense que la cause principale de t’on pépin est à relier au changement de chaussures (beaucoup de cushioning, de drop de 20mm à environ 5 mmm) de manière trop rapide. Je te dis cela car j’ai moi meme fait une transition semblable et depuis décembre 2011 (apres 3 cross) je n’ai toujours pas pu reprendre la course a pied. Chez moi le problème se situe au niveau du perone, au dessus de la malléole, une probable micro-blessure de fatigue cause par une augmentation du kilométrage en une semaine, de terrain (course en montagne environ 10km pour un dénivelé de 1000m, sur des sentiers et surtout la route, en descente en particulier) avec des chaussures minimalistes, les INOV 8 230. La semaine prochaine je vais visiter un spécialiste du sport au Tessin pour planifier mieux mes entrainements et réfléchir sur comment passer au minimaliste sans se blesser.
      Je pense tu le sais le Docteur Gerald Gremion à Lausanne est un spécialiste de la course a pied qui est contre l’utilisation de souliers hyper amortissantes. Si tu veux on peux se contacter et échanger nos points de vues. N’oublie pas http://www.lacliniqueducoureur.com cree par un physio canadien qui est pour moi un must dans la direction du minimaliste et qui argumente bien ce qu’il dit; on y trouve de bons conseils. Beaucoup de livres ont aussi été publies sur le minimalisme en amerique, mais ce seront toujours la connaissance et l’esperience de chacun de nous qui nous guideront dans le changement.
      salutations
      olivier

      ps: en valais ce physio m’avait donne deux adresses de deux physio qui suivent sa pensée

      1. Salut Olivier,

        Je suis en même temps d’accord et pas d’accord avec toi. Je pense qu’il est possible en effet que de choisir des chaussures plus minimalistes a pu solliciter plus mes pieds que des chaussures normales. Qui qu’il en soit, j’ai amorcé ma transition plus d’une année avant ma blessure, et j’ai couru deux semis marathons et un marathon en plus de plusieurs autres courses et plus de 1200km au total en chaussures minimalistes, principalement les Pirnaha SP3. Je pense donc que ce n’est pas le principal facteur, car sinon la blessure serait apparue bien avant.

        Qui qu’il en soit, j’ai assisté à plusieurs conférences de Blaise Dubois dont tu as rappelé l’excellent site web. Tu trouveras également dans les liens de mon propre site (dans la colonne de droite, tout en bas) un site en anglais excellent concernant le barefoot running: Le natural running center.

        En tous les cas tu continuera à trouver régulièrement sur ce blog mes expérimentations en matière de càp en minimalistes. Et n’oublies pas de consulter mon billet sur le barefoot running ici.

        A bientôt!

  2. Bonjour,
    cet article m’a aidé à choisir mes chaussures, merci ! C’est exactement ce dont j’ai besoin.
    Je voudrais simplement savoir si elles chaussent plutôt grand ou petit, ou s’il faut choisir sa pointure habituelle.
    Merci beaucoup !

  3. Salut!
    En ce qui concerne la free run 2, je souhaiterai savoir quelle pointure as-tu prise? Ta pointure normale, une pointure en dessous? ou bien une pointure au dessus?
    Merci d’avance pour ta réponse

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