Triathlon de Lausanne 2016

La fin de ma saison de tri approche, il en reste 3 au programme. Après le bon  résultat et surtout les excellentes sensations du tri de Nyon, je me réjouissais de m’aligner au départ de ce tri de Lausanne, LA course à la maison devant les copains du club, la famille et les amis! Je sais qu’en ce moment ma natation n’est pas au niveau, mais que pour le reste, je suis plutôt en forme!

J’arrive dimanche matin sur les bas de Lausanne, et pars récupérer mon dossard. Comme souvent, la discussion bat son plein autour de l’autorisation ou non de la combinaison de natation, pour cette course de distance olympique. L’eau est à la limite des 22°C, et c’est finalement avec la combinaison que l’on pourra s’élancer. Me reste à entrer dans la zone de change et préparer mes affaires.

triathlon_lausanne_2016_cover_web.jpgLa météo est bonne, le ciel légèrement couvert, mais aucun risque de pluie. Des conditions idéales pour aller chercher une bonne performance. 30 minutes avant mon départ, je passe ma combi, la zone de transition est prête. Je me rend vers le ponton de départ pour un petit échauffement.

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10 minutes avant le départ, me voilà assis sur le ponton, les deux pieds dans l’eau. Je regarde un peu le plan d’eau. Quelques vagues, mais rien de terrible. Le parcours est des plus simple: un aller-retour. Je sais que ma condition en natation est plus que moyenne, le but sera donc de limiter la perte de temps. Je plonge 2 minutes avant le départ. On est pas beaucoup dans notre bloc. Et c’est parti!

Je suis assez à l’intérieur, mais la nage est plutôt tranquille. Dès qu l’on s’éloigne un peu du ponton, quelques vagues, il faut faire attention de bien garder le visuel sur les bouées pour ne pas faire de distance inutile. J’ai l’impression de nager plutôt fort, mais je vois bien en jetant un œil sur mon chrono que je n’avance pas. Frustrant quand je sais le niveau que j’avais en début de saison. Normal au vu de l’absence d’entraînements ces derniers mois.

Au demi tour, les vagues deviennent un peu plus gênantes, mis en contre partie, la navigation est plus facile car il suffit de viser le château d’Ouchy… Je sais que je vais de nouveau flirter avec les 30 minutes pour ce 1500m, et effectivement, je sors de l’eau en 29:58… Pas brillant, mais rien de surprenant.

Je me rends rapidement vers mon vélo, puis commence à me débarrasser de ma combinaison. Mais là, je sens quelque chose qui ne m’étais quasiment jamais arrivé en compétition: un début de crampes dans les mollets… Manque de magnésium? Trop de café la veille? Déshydraté? Ça reste gérable, je continue ma transition. En partant sur le vélo, mes mollets sont toujours un peu durs, et le parcours commence tout de suite avec la montée de l’avenue d’Ouchy, alors je reste assis et mouline, sans trop forcer, pour laisser passer un peu et voir comment ça évolue.

De retour sur le plat, je constate que les jambes sur le vélo sont toujours bonnes, que mes mollets commencent à se calmer, et je m’emploie donc à appuyer sur les pédales. Ça roule fort sur ce parcours, et comme d’habitude, il faut jouer des coudes dans les passages techniques pour se frayer un passage…

En commençant le second tour, je reste toujours tranquille dans la montée, tout en sachant que la moyenne est plutôt bonne… Le reste du tour, je pousse sur les pédales. 6 tours à effectuer, et une dernière petite boucle pour rejoindre la zone de transition. A l’attaque du troisième tour, les mollets sont rentrés dans le rang, et je décide de pousser plus fort dans la montée d’Ouchy. Je démarre sur le grand plateau, et à la moitié de la montée, je descend sur le 36, mais ma chaîne saute et déraille… Arrêt, remise en place de la chaîne, et 30 secondes de perdues… Ce sont des choses qui arrivent. Je repars.

Sur le plat du retour, au rétrécissement de la route, on roule à trois puis à deux de front. Ça dépasse un peu n’importe comment et je me rabat un peu à gauche. En même temps, le mec de gauche me serre, les guidons se touchent puis se crochent et, aussi inévitable que frustrante: la chute… Mon guidon part à 90° en travers de la route. Impossible de réagir. Mon boyau avant déjante et la roue en carbone crisse sur le bitume. Je sens mon vélo me glisser entre les mains et je m’étale de tout mon long…

Me voilà à terre pour la première fois sur un triathlon. Il aura fallu attendre le 39ème de ma vie, 2035km de vélo en compétition de tri… Je me relève. Rien de cassé, enfin je crois. Il faut sortir de la route, car la course continue et les autres roulent fort… Ma course à moi est terminée, le vélo n’est pas en état de continuer et en ce qui me concerne, c’est délicat. Le graphique de la fénix 3 est relativement explicite: passer de 42 km/h à 0 en si peu de temps, ça fait augmenter la fréquence cardiaque…

graph_f3_lausanneJe pousse mon vélo sur le bord de la route, pour rejoindre la famille qui attend mon passage à quelques centaines de mètres. Je leur confie le vélo pendant que je me dirige vers la zone de transition. Je demande aux arbitres à pouvoir y entrer pour récupérer mon téléphone, rassurer les supporters qui suivent ma course à distance, et aussi accessoirement récupérer mes chaussures… Mon côté gauche me fait mal. Je suis tout éraflé mais surtout super enflé au niveau du radius, près du coude. Il est préférable d’aller voir les samaritains, désinfecter et voir si il est nécessaire d’aller faire une radio…

Sous la tente des samaritains, je prends conscience que le half de Vichy dans 6 jours risque d’être fortement compromis. Je suis très déçu. La course se passait bien aujourd’hui, malgré l’alerte des crampes j’avais une chance d’aller chercher mon meilleur chrono sur ce parcours. Et Vichy, course du club de la saison, me tient beaucoup à cœur. Une course contre la montre commence. Merci à l’équipe des samaritains qui a bien pris soin de moi!

Je retourne sur le bord du parcours pour encourager les autres et fais par la même occasion l’inventaire des dégâts sur le vélo. La Campagnolo Bora avant est probablement morte. Les pédales sont râpées. La manette de frein gauche aussi, mais rien d’autre de grave, je crois. Je remets le boyau avant en place pour pouvoir le faire rouler. Et là je constate que mon Edge 520 a disparu. Malgré un passage sur les lieux de la chute, aucune trace du compteur… Ma fénix 3 est toute rayée et râpée. Sale journée pour les Garmin…

triathlon_lausanne_2016_garmin_web.jpgJe retourne à ma voiture et je rentre chez moi. Plus le temps passe, plus je sens chaque partie de mon corps… Il faudra un peu de magie pour pouvoir prendre le départ samedi prochain. Et le premier magicien à qui je pense, c’est l’ostéo. Et il faudra remobiliser le mental aussi, inévitablement ébranlé par le choc. Il me faut une douche, une bière et un peu de repos.

A l’heure de publier ce compte rendu, deux jours après ma cabriole, le lendemain d’une visite chez le magicien qui m’a remis d’aplomb (et que je remercie infiniment de m’avoir reçu en urgence), l’espoir de courir à Vichy renaît! Rien n’est certain, j’attends la fin de journée de mercredi pour prendre la décision finale. En tous les cas je serais sur place, au départ ou, au pire, en spectateur. Je me réjouis de vous y retrouver!

Bonne semaine à toutes et tous. Et rendez-vous bientôt, à franchir des lignes d’arrivée cette fois !

6 commentaires pour “Triathlon de Lausanne 2016

  1. Courage! Et va à Vichy, te pose pas de questions… Tu n’apprécieras que plus ta médaille de finisher. Après tout, « Anything is possible » ;)
    Go!

  2. Blessures, matériel endommagé ou disparu… Bon courage malgré tout ( et je suis sûr que le CR tri-vichy sera très intéressant à lire ;-) ).

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