Ironman 70.3 Barcelone 2017

Plusieurs mois ont passé depuis ma dernière course en septembre passé en Angleterre. Depuis lors mon entrainement a sérieusement diminué pour ne pas dire plus. Cela m’était nécessaire de déconnecter un peu avec l’entrainement exigeant requis pour ce type de courses et j’en ai profité pour faire plein d’autres choses

Je savais bien qu’il fallait que je remette à un moment l’ouvrage sur le métier car la nouvelle saison approchait et que la première échéance était un nouveau 70.3 à Barcelone, le 21 mai. Mais le printemps n’a pas été le plus ensoleillé et le plus propice au sport, alors mon volume d’entrainement est resté désespérément maigre… Je me dirigeais donc vers un 70.3 qui ne se placerait pas sous le signe de la performance, mais de la course « de reprise ».

N’ayant effectué aucune sortie avec mon vélo de triathlon, c’est logiquement le vélo de route que je met dans la caisse. Pour le reste, je prendrai les choses comme elles viennent. Cette course sera ma 11ème sur la distance, mais la première sans aucun entrainement ou presque. Il faudra faire avec, et accepter de passer allègrement au-dessus des 6h de course pour la première fois.

Nous arrivons à Barcelone vendredi, avec Camille et Boris, deux co-équipiers de club. Leurs ambitions sont sans communes mesures avec les miennes et je sais d’avance que les pauvres devront m’attendre un certain temps après leur arrivée… Le temps de récupérer la voiture de location et nous filons chez les grands-parents de Camille, à une heure de route de là, pour remonter nos vélos. Nous arrivons à Calella dans la soirée.

Le lendemain, récupération du dossard, préparation des sacs de transition et enregistrement des vélos sont au programme. Tout le monde vous le dira: la veille d’une course, il faut éviter de trop marcher. Et tout le monde vous le dira: la veille d’une course, il est impossible de ne pas trop marcher… Lorsque nous passons sur le bord de mer le soir, l’organisation est en train d’installer les bouées du parcours de natation. Mais pas de reconnaissance pour nous… Ma première séance de natation en eau libre de l’année aura lieu le lendemain à 7h. Après avoir constitué le maximum de réserves de glycogène, nous allons dormir. Le réveil pour le lendemain est réglè à 5h.

A 5h15, rendez-vous pour le petit-déjeuner, et un peu avant 6h c’est le départ pour la zone de transition située à un peu moins d’un kilomètre de là. J’y retrouve mon vélo installé la veille et y place mon bidon. Après vérification, la pression des boyaux n’a pas bougé, le vélo est prêt. Je passe ma combi de triathlon pour la première fois depuis Weymouth, puis nous allons sur la plage avec Boris pour un petit échauffement. En entrant dans l’eau, elle me paraît très froide… Je n’y reste qu’une ou deux minutes avant de ressortir et d’aller me placer dans les différents blocs de départ. Je me met à la fin du groupe des 40min. Même si j’ai quand même fait quelques séances de natation, je ne m’attends pas à sortir de l’eau très rapidement… Le départ des pro est donné, puis les premiers des catégories d’age s’élancent.

La natation: comme d’habitude

La colonne s’avance et je passe finalement sous l’arche de départ. Là, les athlètes sont envoyés 4 par 4 toutes les 5 secondes. Lors c’est mon tour, je cours sur la plage et me jette à l’eau. Le choc thermique est moins important que lors de l’échauffement. Je me place un peu à l’écart des autres pour commencer ce parcours. Le jour se lève et la mer est absolument calme. Une journée parfaite, il ne manquerait que quelques degrés à cette eau que ma montre mesure à 16°C.

Malgré le fait que je nage sur la réserve et que j’essaye d’économiser de l’énergie, il me semble que je ne nage pas si mal que ça… En tout cas, je me bat plus pour dépasser que ce que les autres me dépassent. Après le passage de la première bouée, plutôt calme, une longue ligne droite nous emmène à l’extrémité de ce parcours. L’eau est claire et hormis un léger vent, les conditions sont absolument optimales.

Mes épaules fatiguent moins que ce que je pouvais craindre, et je passe la deuxième grosse bouée qui marque aussi la moitié du parcours dans un état physique qui est loin d’être catastrophique. Quelques encablures plus tard, troisième bouée et ligne droite de retour. Celle-ci, j’ai visé un peu près et je prend le virage à la corde. Ça tape un peu. Dès que j’ai terminé mon virage je m’écarte et j’entame le long retour. Le soleil nous fait maintenant face, et il est difficile de repérer la dernière bouée. Je suis un peu la masse mais constate après quelques mètres que nous sommes en train de nous diriger trop à gauche. Je corrige et dois faire quelques mètres supplémentaires dans l’opération. Finalement, on le voit sur la trace GPS mais cela ne semble pas aussi catastrophique que ça.

Je sens que les bras commencent à fatiguer au milieu de cette seconde ligne droite. Heureusement, il ne reste plus tant de distance que ça. Après une dernière correction de trajectoire pour aller chercher la dernière bouée, je me dirige droit vers l’arche de sortie de l’eau. Quand en 2015, j’avais de quoi être déçu de mon temps de 36:53, cette année, avec un temps très similaire (37:30), mais dans d’autres circonstances, je peux me montrer bien plus satisfait.

J’enlève le haut de ma combinaison en remontant la plage, passe sous les douches, et entre dans la tente de transition pour finir de me débarrasser de la combinaison, et enfiler casque, lunettes et chaussures de vélo. Il faut faire attention car le plancher de cette tente est extrêmement glissant… J’arrive alors sur le terrain synthétique, et vais tout au bout pour récupérer mon vélo.

Le vélo: en mode tourisme

Cette année, je n’ai que deux sorties vélo qui comptent plus de 60km à mon actif. Alors inutile de dire que je dois jouer la prudence si je veux parcourir ces 90km plutôt exigeants et être ensuite en état de courir. C’est la raison pour laquelle, dès le début du parcours, je gère fortement mon effort. On aurait facilement tendance à suivre l’allure de certains qui partent plus fort et que l’on pourrait raisonnablement suivre avec un entrainement approprié, mais ce jour, il vaut mieux laisser partir…

La première étape consiste à sortir de Calella. Et les routes étroites au revêtement pour le moins inégal parsemées de grilles d’égouts qui ressemblent plus à des herses anti-cyclistes ne sont pas pour aider. Une fois sorti de la ville, on longe brièvement la côte avant d’entrer dans les terres. C’est là que l’on commence à profiter du côté charmant de ce parcours vélo. Mais c’est là aussi que l’on commence à collectionner les mètres de dénivelé positif.

La route monte d’abord doucement puis les pourcentages augmentent un peu. Je ne m’affole pas, d’autant plus que j’ai un truc à faire à ce moment: sortir le tube de crème solaire et m’en mettre un petite couche sur les bras et les jambes. Alors je profite d’un faux-plat montant pour m’exécuter. Peu après, c’est déjà le ravitaillement du 10ème kilomètre.

La route continue à monter. Je n’ai pas de compteur sur mon guidon, et c’est mieux comme ça. De temps à autre je jette un rapide coup d’œil à ma montre, mais les chiffres ne défilent pas vite. Je reconnais quelques passage du parcours, mais je prend chacun des mètres les uns après les autres. Enfin, nous arrivons au sommet de cette première ascension. Au moment de basculer je passe le grand plateau et je commence la descente. Je la sais assez technique, en tout cas pour les premiers lacets. Nous sommes assez nombreux sur la route, et il faut faire attention à la trajectoire de tout le monde dans ces virages qui referment.

A en juger par les premiers virages, je suis manifestement à ce moment dans un groupe dont la technique en descente n’est pas la spécialité première. Je vois des approximations de trajectoires qui se soldent la plupart du temps par des sorties de virage un peu large et peu académiques. Mais tout à coup, un des mecs devant moi entre vraiment trop fort dans un virage. Je sens que ça risque de mal finir et appuie un peu plus le freinage avant d’arriver moi-même dans la courbe. A l’école, certains ont aimé la physique, d’autre pas. Mais quoi qu’il en soit, elle a toujours raison. Et le gaillard s’en rend compte sous mes yeux. Il entre trop vite dans le virage, commence à tourner mais est bien trop large. Il sort de la route, déchausse les deux pieds, passe la rigole en restant sur ses roues, mais la force centrifuge n’en a pas fini avec lui… Il entame de monter dans le talus, toujours en roulant… Incroyable, dans les ronces, dans un talus de presque 30°, le mec reste sur ses roues. Ayant perdu de la vitesse, il redescend, repasse la rigole et revient… sur la route !!! Toujours sur le vélo. Tout comme moi, il n’y crois pas! En passant à côté de lui, je remarque qu’il traîne deux branches de ronces dans son dérailleur arrière, mais apparemment, il n’a pas crevé dans l’affaire. C’était l’histoire insolite de cette course.

La descente continue mais elle est alors beaucoup moins difficile. J’en profite pour me laisser descendre et tente le mieux possible de récupérer. Je bois un peu de ma boisson isotonique. Le soleil brille mais la route est jusque là passablement couverte et à l’abri de la végétation, il ne fait donc pas trop chaud.

Après la descente, une petite section de transition vers la prochaine montée. On tourne, traverse un village, longe une voie rapide, et on tourne encore. Pas le passage le plus intéressant, mais nous arrivons progressivement au pied de la montée suivante, le gros morceau de la journée.

Comme pour la première, la montée commence doucement mais les pourcentages arrivent progressivement. Autour de moi, il y a toujours beaucoup de monde. Chacun y va de sa technique pour passer cette côte: certains en force sur des roues lenticulaires sélectionnées avec un peu d’optimisme… d’autres en moulinant plus, comme moi. Je regarde de temps à autre le nombre de watts que je développe…

Les kilomètres commencent à passer et je trouve que c’est le bon moment pour mon premier ravitaillement solide. La veille, à l’expo, j’ai soigneusement choisi et acheté trois barres Clif. Déjà sur l’IM de Lanzarote, j’avais opté pour ces barres en plus de mes sandwichs. C’était le grand moment gastronomique de ma journée que de sortir la barre de son emballage et de m’en délecter. Ça passe bien, que ce soit celles au chocolat ou au beurre de cacahouète. Je m’apprête donc à ajouter un peu de douceur à ma journée en en saisissant une dans ma poche et en la ramenant ensuite sur mon guidon. Mais là, à cause d’une maladresse, ma barre tombe par terre… Je ne peux pas planter les freins, on risquerait la chute vu le nombre de mecs derrière. Le cœur serré et les papilles désemparées, je me résout à laisser ma barre aux pépites de chocolat sur le bas côté de la route. Je saisis donc la suivante, aux cacahouètes. Je redouble de prudence en la déballant et la savoure encore plus pour oublier la perte de la première…

Cette aventure et ce ravitaillement auront eu le mérite de passer le temps durant une partie de la montée. D’ici quelques kilomètres ca sera la mi-course. Mais je me rend compte que mes forces m’abandonnent déjà. Le retour va être dur. Sans encore penser au semi-marathon.

En arrivant au point culminant de ce parcours, je suis bien content de pouvoir enfin laisser les jambes aller un peu dans la descente. Les trois premiers kilomètres sont les plus technique de tout le parcours. En plus, la route est de mauvaise qualité. Ici, il faut redoubler de prudence et se concentrer sur la route et les autres. Surtout les autres d’ailleurs… Devant moi, un gars ne trouve rien d’autre à faire à ce moment là que de lâcher une main de son guidon pour saisir son bidon. Sur ce parcours de 90km, 85km sont propice pour le faire… Il choisit les 300 mètres les plus dangereux. Après Newton, c’est Darwin qui se charge de lui: un trou dans la route alors qu’il ne tient son guidon qu’à une main, et le déséquilibre lui fait envoyer son bidon à environ 3 mètres en l’air. Lui tombe dans le bas-côté, heureusement du côté de la route où il y en a un… Il se relève tout de suite. Je crois que tout le monde à réussi à l’éviter… On continue, j’essaie d’avoir des yeux partout. Je suis assez content quand on arrive sur la route plus large, car de là, nous avons 10km de descente ou de faux plat, sans obstacles majeurs.

La longue descente fait du bien et au ravitaillement suivant je suis content de trouver une bouteille d’eau et une d’iso. La dernière difficulté consiste à remonter la première bosse du parcours depuis l’autre versant. Mais mes jambes font un peu mal, je n’ai pas assez de kilomètres et surtout pas assez de dénivelé dans les jambes. Les derniers lacets (ceux ou plus tôt j’ai vu du rodéo) font mal. Heureusement, cela indique aussi que le sommet n’est plus très loin. Je me félicite d’avoir pris mon vélo de route. Je sais que le parcours n’est pas terminé une fois au sommet, mais il ne reste plus de difficultés majeures. Au vu du chrono, ce sera en plus de 3h30 que je poserai le vélo. Je m’accroche et je poursuis.

Je passe le dernier ravitaillement, ayant assez de liquide pour boucler des 90km. La fin de ce parcours est en descente, parsemée de petites bosses. En arrivant de nouveau au bord de la mer, une dernière montée vers le phare puis nous rentrons à nouveau dans Calella, pour le même slalom que le matin. Je ramène mon vélo à bon port. Je n’ose pas regarder le chrono… Plus de 35 minutes de perdues par rapport à 2015. De retour dans la zone de transition, je le remet en place et cours dans la tente pour récupérer mon sac de course à pied.

La course à pied: tant bien que mal

Enlever le casque et le remplacer par une casquette, enfiler des chaussures de course à pied et je m’élance à l’assaut des 21.1km de ce semi-marathon. J’ai effectué plusieurs séances de course à pied ce printemps, mais peu dépassaient les 15km. De plus, le vélo m’a passablement entamé… Je ne sais donc pas trop de quoi ce semi-marathon sera fait. Je ne regarde pas trop ma montre et je gère au feeling. Je pars à une allure de 5:20/km et finalement, je suis assez content de pouvoir tenir cette allure sur les premiers kilomètres. Je vous l’avais dit, je manque d’entrainement…

La chaleur commence à se faire ressentir. Le soleil tape et seule une petite partie de ce parcours est à l’ombre. Les 5 premiers kilomètres passent finalement sans trop de mal et je m’hydrate bien à chaque ravitaillement. Le parcours longe le bord de mer et hormis quelques rampes pour passer sous les voies de chemin de fer, il est plat. Au premier demi-tour, le vent qui soufflait dans le dos arrive enfin de face et permet de se rafraîchir un peu. Le retour se passe sur une longue ligne droite de bitume et de ne pas en voir le bout mine un peu le moral… Mais arrivé à la hauteur de la zone de transition, on sait que l’on est plus très loin de boucler le premier tour. En passant devant la ligne d’arrivée pour repartir pour ma deuxième boucle, je ne peux m’empêcher de penser au fait qu’il y a deux ans, j’allais passer la ligne d’arrivée quelques minutes plus tard… Les choses sont différentes. il faut repartir pour les 10 derniers kilomètres.

Mon allure a été plutôt régulière sur cette première boucle en 5:25/km, sans compter un petit arrêt de quelques minutes pour régler un problème dans une chaussure. Je ne cours pas vite, mais point positif, je gère bien ma course et je tiens l’allure. A défaut d’entrainement, on mise sur l’expérience sur la distance ;-)

Deuxième tour encore un peu plus chaud, et je m’arrose allègrement d’eau à chaque ravitaillement. Mais je tiens bon même si au fil des kilomètres, mes kilomètres s’approchent des 5:40/km. Les jambes font un peu mal, les muscles sont fatigués, et les petites rampes deviennent de plus en plus difficiles à franchir. Enfin je passe la zone de transition: il ne reste que deux kilomètres et je serai à l’arrivée. Lorsque je passe sous l’arche de la ligne d’arrivée, je jette un œil à mon chrono: 1:58:12 pour ce semi. Presque le même temps que mon premier 70.3 (2:04). Le temps total par contre, et sans surprise, est mon pire sur la distance en 6:22:10. Comment aurais-je pu imaginer, pour ma 11ème participation sur la distance, faire un temps pareil? Parfois les choses ne vont pas vraiment comme on les avait prévues… Mais je vais reprendre l’entrainement pour la suite de ma saison de tri.

De leur côté, mes deux co-équipiers ont explosé les compteurs, Camille en terminant deuxième de sa catégorie d’âge, et Boris en remportant la sienne. Je les remercie d’ailleurs pour les moments partagés durant le week-end!

Prochaine échéance: le triathlon de la Vallée de Joux fin juin. Ensuite, quelques classiques dans la région cet été. Quant aux 70.3, il est fort probable que le prochain ait lieu en 2018. Peut-être à Nice?

Merci pour votre visite et rendez-vous bientôt pour les nombreux tests à venir sur le site !

8 commentaires pour “Ironman 70.3 Barcelone 2017

  1. Bravo,
    Belle performance avec pratiquement aucun entrainement, fallait oser prendre le départ d’un Ironman…
    Ton « récit » est vraiment bien écrit.
    Félicitations.

  2. Bonjour
    je vois que sur ton Kuota tu n’as pas installé de prolongateur (même court).
    As-tu vu une différence avec ou sans prolongateur (court) installé sur un vélo de route?
    Dans tous les cas, bravo pour ta loooonnngue course ;-)
    Thierry

    1. Merci! Non, pas de prolongateurs. Soit je prends mon vélo de « Tri » qui a un guidon traditionnel mais profilé avec des prolongateurs, soit je prend mon vélo de route mais sans aucun prolongateurs. De toute manière, si on est positionné correctement pour la route sur son cadre traditionnel, les prolongateurs ne sont pas beaucoup plus efficaces que les mains en bas du guidon, et vu mon état de forme ces temps, cela n’aurait pas changé grand chose ;-)

      Sportivement.

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