Compte rendu

Trois (petits) tours, et puis s’en va…

Quand je me suis inscrit à mon premier Ironman je cherchais ce défi ultime, celui qui me permette d’aller jusqu’au point de rupture, de dépasser mes limites physiques et mentales. Je ne savais absolument rien de moi à ce niveau, car il faut bien le dire, rien ne me pré-destinait au sport d’endurance extrême. En 2010, je n’ai pas de passé de sportif, pas de capacités dans aucune des trois disciplines du triathlon. Depuis ce moment là, j’ai toujours prétendu que j’étais l’exemple vivant du « si je peux le faire, tout le monde le peut ». Il me semblait que si de mon paquet de cigarettes quotidien je suis arrivé en 2 ans seulement à la ligne d’arrivée d’un IM, ce même cheminement était ouvert à toutes et tous.

Je ne vais pas ré-écrire ici cette histoire qui m’a vu arriver à mon premier Ironman que j’ai déjà racontée en détails dans l’article si bien nommé « De mon canapé à l’Ironman » en 2012 déjà. Celle que je veux écrire aujourd’hui, c’est ce qui c’est passé depuis.

Dossard Ironman Lanzarote 2012Quelques semaines seulement après avoir franchi la ligne d’arrivée de ce premier Ironman à Lanzarote en mai 2012, je savais pertinemment qu’il n’y en aurait pas qu’un. Nous avions avec quelques équipiers de club planifié une saison 2013 remplie de 70.3, et il m’était difficile de placer une distance complète au milieu de cette saison, mais le rendez-vous était déjà fixé en 2014. Je termine alors Zurich. En passant la ligne d’arrivée, je sais encore que toute l’histoire n’est pas écrite. Cette course était presque « trop facile », dans le sens où elle n’était pas à la hauteur du défi que je cherchais. Je me ré-inscrit pour l’année suivante mais une chute à vélo et une convalescence en pleine saison contrarie mes projets. Enfin, le troisième est fixé au 21 mai 2016, à Lanzarote. Retour sur la terre promise!

ttl_finishers_web.jpgCette fois-ci, le challenge est à la hauteur (passez lire le compte rendu ici si ce n’est pas déjà fait). La course est dure et sur ce coup là, j’ai atteint mes limites. Je suis même allé au-delà. Comment je le sais? Ce n’est pas durant la course que je l’ai réalisé, même si j’étais déjà bien conscient de ne pas me faire que du bien, mais cela m’est apparu comme une évidence dans les jours et les semaines qui ont suivi. L’épuisement après cette course est total. Physiquement, je récupère à peu près comme pour toutes les autres courses, et même si je sais que ce genre d’épreuves n’est pas vraiment une cure de jouvence et que tout ce qui contient des fibres musculaires en moi fait mal les jours qui suivent, mon corps subi ce genre de traitements depuis 6 ans, il connait la musique. Mais ce qui est nouveau par contre, en tout ça m’a bien plus marqué que jamais avant, c’est que mon esprit est vidé. Pendant les deux semaines qui suivent, mon humeur varie inexplicablement et je n’ai plus le goût à grand chose. Je suis en particulier lassé de tout ce qui se rapproche au sport, et durant un peu plus d’un mois, mon activité sportive est réduite à peau de chagrin. Et vous savez quoi? Je le vis très bien! Incapable de retrouver la moindre bribe de motivation durant de longues semaines, je n’ai absolument pas préparé le half de Galway. J’hésite même à ne pas y participer.

Après avoir terminé la course en Irlande, j’ai de nouveau goût à la compétition et je reprends l’entraînement petit à petit. Me voilà désormais de retour aux affaires, mais une évidence s’impose désormais, claire comme de l’eau de roche: j’en ai terminé, du moins pour une durée certaine, avec la distance IM. Je ne vois plus rien de motivant là-dedans. Les points négatifs prennent le dessus: si j’arrive à m’éclater sur une course de demi-distance parce que je peux la gérer du début à la fin, je subis complètement le marathon en courant presque 30 kilomètres au courage sur IM. Aussi parce que je sais que je peux planifier plusieurs half sans problèmes dans une saison, et que si je me plante sur l’une de ces courses, j’aurai la possibilité de faire mieux sur la prochaine. Si je passe à côté de mon IM annuel, rendez-vous au mieux l’année prochaine.

Depuis longtemps, je connais ce qui a été décrit de nombreuses fois sur Internet comme le « Syndrome de dépression post-Ironman« , en anglais le « Post Ironman depression syndrome » ou « Post-Ironman Blues » (on y trouve bien plus de références dans cette langue, comme celle-ci). Vous pouvez librement remplacer Ironman dans ces titres par « marathon« , « trail« , « ultra-marathon » ou toute autre discipline d’endurance, ça marche aussi. J’ai connu des épisodes de blues post-IM après mes courses « A » lors de mes saisons précédentes, mais la reprise de l’entraînement après deux semaines de repos avait rapidement dissipé les doutes et le manque de motivation. Cette-fois, c’est autre chose. Je me réjouis de reprendre l’entraînement en vue du 70.3 de Vichy. Mais plus de consacrer quoi que ce soit pour la distance hawaïenne.

Je n’ai plus d’envie de m’imposer des périodes de préparation de 6 mois avec des semaines à 15h de sport. Et n’ayant plus aucune raison d’effectuer des sorties de plus de 30km en course à pied, de sorties de 120km de vélo sous la pluie ou autres séances imposées par cette longue distance mais durant lesquelles je n’éprouve pas un plaisir perceptible, je pourrais libérer du temps pour d’autres activités que je laisse de côté depuis trop de temps. Parmi ces activité, je note la musique, quelques idées pour le site et tellement d’autres choses…

greg_guitare_site_web.jpgVoilà que cet article commence à prendre une tournure très dramatique, mais il ne s’agit en fait là que de l’annonce du fait que je ne m’alignerai plus sur du long. Je continue à trouver un intérêt notoire aux courses format 70.3. Je me réjouis déjà de courir Vichy et Weymouth cette année, pour arriver à un total record (dans ma petite carrière) de 4 halfs (en plus de l’IM) en une seule saison. Et la motivation à l’entrainement est aujourd’hui au beau fixe. Comment pourrait-elle en être autrement, un jour pareil:

bike_web.jpgJe suis également inscrit aux distances classiques de Nyon et Lausanne, des course « à la maison » au mois d’août. Alors certes, il y aura quand même une conséquence négative pour le site: il n’y aura plus de compte-rendus héroïques de courses longues comme le jour, mais finalement, cela ne devrait pas changer grand chose de plus. Sur ce, rendez-vous prochainement pour des nouveautés, même si l’été n’est jamais la période la plus faste!