Qu’est-ce que la technologie MIPS, qui s’invite dans nos casques de vélo ?

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Rares désormais sont les cyclistes qui n’ont pas encore adopté le casque. En effet, cet accessoire de sécurité, obligatoire dans la plupart des compétitions, a globalement été adopté par quasi tous les pratiquants de cyclisme aujourd’hui. Que ce soit pour le VTT, le vélo de route, le triathlon ou même les déplacements urbains, « les têtes intelligentes se protègent » disait le slogan.

C’est lorsque je me suis mis à la recherche de mon casque de route pour la saison 2019 que j’ai rencontré le label MIPS… J’avais déjà croisé ce petit signe jaune ici ou là par le passé mais sans m’y intéresser. Mais en voyant quasiment toutes les marques (Giro, Bell, Bontrager, Abus, Lazer et bien d’autres) proposer des modèles MIPS, je me suis mis en quête d’informations sur cette nouveauté. Et si j’ai décidé ensuite d’en faire un article ici, c’est simplement pour partager et centraliser tout ce que j’ai trouvé dans mes recherches.

Des procédure d’homologation qui ne reflètent pas la réalité

Toute personne qui a déjà acheté une voiture neuve le sait: les chiffres annoncés de consommation de carburant sont totalement inatteignables dans la vie réelle. En effet, la consommation est mesurée sur circuit, à des vitesses faibles, sur un modèle de voiture sans aucune des options que vous avez choisie donc plus légère, avec un pilote professionnel formé pour minimiser la consommation… Bref, sur le trajet du boulot, impossible de rivaliser.

Comment sont validés les casques de vélo

Pour les casques de vélo, c’est un peu pareil. Les homologations sont jusqu’à maintenant obtenue sur un test de chute verticale de 5.5m/s, à savoir un impact sur la route à angle droit à faible vitesse. Or, l’impact en cas de chute réelle sera bien différent. C’est surtout l’angle d’impact qui est susceptible de varier largement en fonction des circonstances. En tous les cas, le port d’un casque, quel qu’il soit, va minimiser les dommages subis par le crâne à l’impact en absorbant une grande partie du choc, soit en se déformant, soit en se brisant. Mieux vaut que ça soit le casque.

Des spécialistes suédois au travail

Mais si les casques protègent avec une certaine efficacité les dommages externes de la tête, il est apparu au fil du temps que les victimes de chutes ou d’accidents à vélo pouvaient souffrir de lésions internes, au cerveau notamment. Des spécialistes suédois de cet organe se sont penchés sur la question en constatant les lésions de leurs patients cyclistes. Et en collaboration avec un institut technologique suédois, ont mis au point un système nommé MIPS, signifiant Multi-Directional Impact Protection System. Il est symbolisé par un petit logo jaune sur les casques qui intègrent cette technologie.

MIPS, qu’est.ce que ça améliore?

Un casque intégrant la technologie MIPS est composé de deux parties distinctes. L’une solidaire du crâne, c’est la couche « interne ». Cette couche est fixée à la couche « externe », celle qui assure la protection à l’impact. Mais la fixation entre les deux couches offre une certaine liberté de mouvement latéral. Ce fonctionnement permet ainsi à la tête de légèrement bouger dans le casque après l’impact.

Ce fonctionnement imite les mécanismes de protection de notre propre organisme: en effet, le cerveau « flotte » dans le liquide céphalo rachidien et peut également, dans une certaine mesure, subir accélérations et décélérations sans dommages grâce à ce mécanisme naturel. Mais si les chocs d’impact linéaires sont plutôt bien absorbés par ce mécanisme, les chocs avec un mouvement rotatif, que l’on peut potentiellement rencontrer lors d’une chute en cyclisme, peuvent plus facilement entrainer des lésions. C’est pour minimiser ces lésions que le système se veut plus efficace que les casques traditionnels.

Et pour les autres types d’impacts ?

Des tests angulaires à 45 degrés à une vitesse de 6.2 m/s sont utilisés pour valider les casques certifiés MIPS. Ces impacts offrent des simulations plus proches de la réalité que les tests verticaux. Mais les casques certifiés MIPS sont également validés via les protocoles habituels, ils offrent donc le même niveau de protection que les casques habituels à ce type d’impacts. Certains résultats de tests ont même montré des résultats légèrement meilleurs.

Certifications: comment un casque peut obtenir le droit au logo MIPS ?

La société MIPS Technology va fournir des informations et de l’aide technique sur l’implémentation de la technologie dans les casques qui souhaitent être compatibles. Ensuite, le fabricant va fournir plusieurs modèles de série, dans chacune des tailles qui seront disponibles. MIPS Technology va alors effectuer l’intégralité des tests et validations pour certifier que le fonctionnement du casque est conforme à ce qui est attendu!

Alors, une fois tous les tests passés pour toutes les tailles de casques, le logo MIPS jaune peut être apposé sur le casque ainsi que sur les étiquettes et éventuellement même dans le nom du modèle.

Concrètement, quelles différences avec un casque traditionnel ?

Voilà pour la théorie, mais il restait à voir en pratique ce que la technologie donne sur le terrain. Alors je vous arrête tout de suite: non, je ne me suis pas volontairement cassé la figure sur mon vélo à 21.6km/h (équivalent à 6.2m/s) pour vérifier si je savais toujours compter jusqu’à 10 après la chute grâce à mon nouveau casque MIPS. Je me suis concentré sur le confort du casque, le poids et la ventilation. Mon analyse se concentre sur mon nouveau casque Giro Aether MIPS, mais la conception devrait être proche pour les autres casques MIPS.

Après plusieurs sorties effectuées avec ce casque, je constate que le casque est un peu plus lourd que mon Giro précédent, mais il s’agit de quelques dizaines de grammes seulement. La différence de poids n ‘est pas sensible lors de l’utilisation. La ventilation du Aether est largement aussi efficace, voire plus, que sur mes casques précédents.

Alors certes, le Giro Aether n’est pas le premier prix en termes de casques MIPS, mais c’est bien la preuve que l’intégration de cette technologie peut être quasiment transparente pour l’utilisateur final.

Présentation en vidéo

Voici la présentation en vidéo de la technologie MIPS:

MIPS aussi pour le ski, la moto ou les sports équestres

Les casques de vélo ne sont pas les seuls à bénéficier de la technologie MIPS. Des casques pour les sports de neige, la moto ou encore les sports équestres sont disponibles également avec le petit logo jaune.

Pour conclure

Peut-être que la technologie MIPS ajoute du poids ou augmente légèrement le prix d’un casque, mais au vu de l’ajout de sécurité que cela apporte, il est à mon avis intéressant d’envisager la sélection de son casque en fonction de ce label. Quant à sa réelle utilité, si tous les fabricants ont choisi de l’intégrer dans leurs casques, c’est certainement un signe que l’intérêt de la technologie est avéré…

Alors, lorsque vous allez choisir votre prochain casque, vous pourrez le faire en connaissance ce cause. Et si jamais vous le souhaitez, vous trouvez le Giro Aether que j’ai utilisé ici.

7 commentaires pour “Qu’est-ce que la technologie MIPS, qui s’invite dans nos casques de vélo ?

  1. Merci Greg pour cet article intéressant (je ne connaissait pas le « MIPS »).

    Cela rejoint le test « Que Choisir » de mai 2018, tous les casques ne sont pas égaux sur un vrai crash…
    Le test « Que Choisir » a été réalisé à l’université de Strasbourg avec la fondation MAIF et les résultats ne donnent pas tous les casques « MIPS » dans les premières places de la sécurité…
    Le prix du casque ne semble pas corrélé à la sécurité et le premier « MIPS » arrive en seconde place (Lazer Revolution MIPS). La première place étant gagnée par le Scott ARX à 89€…
    Le pire c’est qu’un casque « MIPS » à 140€ arrive en queue de peloton avec 100% de risque d’avoir une blessure grave en cas de chute !
    Le premier Giro (Synthe MIPS) arrive 8e sur 20 avec un plutôt mauvais 69% de risque grave, pourtant c’est le plus cher (269€).
    Qui croire ? La certification « MIPS » ou les tests indépendants ?

    1. Je pense que ça dépend beaucoup des tests et des pondérations utilisées. Certains magazines orientés consommateurs intègrent le prix comme un élément de pondération. Donc à efficacité identique, un casque plus cher sera moins bien noté. Et du coup, les tests effectués se concentrent probablement sur la rtesistance structurelle du casque et non la protection du cerveau, qui est le point fort de MIPS. Après, cela n’empêchera pas que certains modèles seront meilleurs que d’autres, MIPS ou non!

      1. Pas sûr que « Que choisir » ait simplement fait un test structurel, ils ont tout de même une sacrée expérience en la matière et n’ont pas du se contenter d’un simple coupe de marteau sur des casques.
        D’autant plus qu’ils notent l’efficacité des casques sur 2 critères : risque de fracture du crâne et risque de commotion.
        A suivre…

  2. Le prix n’a pas été pris en compte pour les tests de chez « Que Choisir » :

    « EN PRATIQUE
    Lors des essais, une fausse tête du poids de celle d’un adulte est coiffée d’un casque. Chaque casque subit six types d’impact, trois linéaires et trois obliques.
    Chaque configuration d’impact est répétée trois fois. Pour les chutes linéaires, le laboratoire applique la même vitesse que la norme, soit près de 20 km/h.
    Pour les impacts obliques, la vitesse est un peu plus élevée : la composante linéaire reste la même, seule la vitesse tangentielle augmente. Les accélérations linéaires et tangentielles et la vitesse rotationnelle sont relevées, puis interprétées selon une modélisation mathématique élaborée à partir de 125 accidents documentés.
    Il en ressort une estimation du risque de commotion cérébrale réputée réversible.

    MISE AU POINT
    Contrairement aux exigences de la norme, nous avons fait l’impasse sur le confort et la facilité d’emploi des casques (manipulation et réglage de la jugulaire), ainsi que sur la tenue du casque lors d’un choc. Nos essais n’autorisent donc pas à se prononcer sur la conformité avec la norme.

    NOS RÉSULTATS
    Tous les casques testés protègent des chocs, certains se révèlent plus efficaces.
    Bonne nouvelle, les risques de fracture du crâne sont réduits avec un casque, toutefois les commotions cérébrales sont parfois inévitables avec certains d’entre eux lors d’un choc à 20 km/h. Les deux casques pliants d’Overade protègent moins bien la tête en cas de chute. Les modèles dotés de la technologie MIPS, censée mieux protéger des chocs avec rotation, donnent des résultats divers. Enfin, les casques Btwin 100 (Decathlon) et Scrapper SCR Urban II (Go Sport) à 10 € font aussi bien qu’un casque à 269 €. »

    Perso, j’ai acheté un « Scraper SCR Team Route 8 » de chez Go Sport à 40€ pour remplacer mon vieux Giro.
    J’apprécie surtout la présence de filets anti-insectes sur les ouïes avant… Ces filets devraient être obligatoires, car lorsqu’une guêpe rentre sous le casque et pique plusieurs fois la tête, la probabilité d’accident augmente de beaucoup.

  3. Je me permets juste une disgression sur le chapitre de la consommation des véhicules. Les chiffres officiels communiqués par les constructeurs ne sont pas réalisés sur circuit par un pilote professionnel, mais en « laboratoire » (sur un banc à rouleaux), sans la clim’, sans la radio, sans les feux allumés, etc. etc.

    Voilà, tout cela n’enlève rien à l’article qui est très intéressant et didactique sur le sujet du MIPS! (et c’est bien ça le plus important!)

  4. Peut-être faudrait-il que l’Europe impose un test de mise sur le marché fiable des casques, sans céder aux pressions des lobbies ?

    Il est toujours difficile de faire confiance et de ne pas avoir de doutes sur des « normes » créées par des entreprises privées pour faire du bizness…
    N’oublions pas que pour pouvoir coller cet autocollant qui va certainement doper les ventes, les marques doivent payer ces tests.
    Un moyen trouvé par les marques historiques pour garder des parts de marché sur le créneau ultraconcurrentiel du casque vélo ?

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