Le bracelet Fitbit Air testé de fond en comble

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Délaissé de nombreuses années, le marché du bracelet retrouve un dynamisme que l’on imaginait à peine il y a quelques années. Les modes et tendances sont cycliques, on ne le sait que trop bien après le retour en force des pantalons pattes d’eph ou de l’improbable popularité des disques vinyles, stars temporairement oubliées des années 80. Certes, l’heure de gloire des Polar Loop de première génération, Vivosmart ou TomTom Touch ne remontent pas aussi loin, mais leur design et matériaux semblent bien pré-historiques quand on voit la nouvelle génération de bracelets arriver. Aujourd’hui, si il y a bien un acteur avec la pancarte dans le dos, c’est certainement Whoop, qui mène (encore) ce marché prometteur du bracelet qui n’affiche rien mais qui n’en enregistre pas moins. Et Google ne voulait pas rater le coche et s’est lancé sur ce segment avec un bracelet textile fin et discret mais prometteur: le Fitbit Air. Dans cet article, je vous livre mon verdict après deux mois d’utilisation!

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Modèles et prix de sortie

Le Fitbit Air se présente dans une configuration unique en termes de hardware, mais se décline en plusieurs options visuelles pour s’adapter au style de tous. Le bracelet est disponible en noir volcanique, lavande (la couleur utilisée pour ce test), brume ou rouge framboise.

Il est important de noter que le bracelet étant textile et interchangeable, la question des couleurs est moins critique que sur une montre par exemple, qui garde sa couleur tout au long de sa vie (même si on peut changer le bracelet). Ici, on peut mettre le module dans n’importe quel bracelet et on dispose d’un nouveau Fitbit Air (ou presque)!

Positionnement tarifaire

Côté prix, Google se place sur un segment « entrée de gamme premium » avec la technique du « pied dans la porte ». Une fois qu’on a le bracelet, on voudra en tirer le max, et donc souscrire à l’abonnement payant. C’est en tout cas ce qu’espère Google. Le bracelet s’utilise parfaitement sans abonnement, mais d’une part les fonctionnalités complètes sont offertes pour 3 mois à l’achat du Fitbit Air, et d’autre part (on le verra plus bas), la grande force de l’app c’est Gemini en central qui n’est disponible qu’avec l’abonnement payant, à 9.99€/mois.

Comparé à un Whoop (qui repose sur un abonnement obligatoire sans achat du hardware), le Fitbit Air tente de capter l’utilisateur qui veut la discrétion d’un bracelet sans s’enchaîner obligatoirement à un contrat mensuel contraignant pour l’accès aux données de base. C’est un positionnement malin: assez cher pour être crédible techniquement, assez bas pour ne pas bloquer l’achat.

Faire connaissance avec le Fitbit Air

Le Fitbit Air est un bracelet sans écran et avec lequel on n’interagit pas directement. On le porte, il est là, mais ni bouton, ni retour tactile… Toute interaction se fait indirectement via l’app Google Health. Enfin presque: il y a une exception, ce sont les alarmes. On peut configurer une alarme avec vibration et le bracelet va vibrer à l’heure voulue. Taper deux fois sur le bracelet annule l’alarme. Mais pour tout le reste, on passe par l’app.

Un module et des bracelets

Le Fibit Air est composé d’un module, nommé « Pebble » par Google. Ce petit module contient l’intégralité de l’électronique. Le reste n’est que textile et supports pour le faire tenir en place:

Si le bracelet vendu de base est un bracelet textile, adapté à la plupart des activités, Google propose en option une grande variété de bracelets, tant dans les couleurs que dans les matières.

Coupler le bracelet avec l’app mobile Google Health

Le Fitbit Air marque la fin du rachat de Fitbit par Google. C’est le premier appareil portant le nom Fitbit à utiliser exclusivement l’écosystème logiciel de Google, sans passer par l’app Fitbit. En l’occurrence l’app de Google nommée Google Health. Le Fitbit Air se couple à cette app aussi bien sur les smartphones Android que sur les iPhone.

En pratique, l’installation est simple: on install l’app Google Health, on active le Bluetooth, l’application détecte le bracelet et le couplage se fait en quelques secondes. L’absence d’écran signifie qu’il n’y a pas de code de confirmation à lire sur le poignet.

Confort et port du Fitbit Air

C’est le point fort majeur du Air. Avec son poids plume et son bracelet plus fin que tous les autres bracelets du marché, il est « invisible » et presque « imperceptible ». On oublie littéralement qu’on le porte après 30 minutes. C’est un avantage colossal pour le suivi du sommeil, là où une montre ou un brassard peuvent devenir encombrants. Le système d’ajustement du bracelet textile est simple une fois que l’on sait comment le régler. C’est le bracelet le plus confortable et la finesse en fait un objet qui ne se déplace quasiment pas sur la peau, contribuant à sa précision de mesure cardio (voir plus bas).

Charge et autonomie

L’absence d’écran et d’interactions avancées (notifications et autres) contribuent à une consommation énergétique minimale. Google utilise sur le Fitbit Air un connecteur magnétique propriétaire avec un connecteur USB-C. La charge est indiquée par la « respiration » de la LED sur la tranche du module.

Sur le papier, Google annonce une autonomie d’une semaine (7 jours). Lors de mes tests en usage intensif (suivi 24h/24, monitoring cardiaque continu et plusieurs séances de sport enregistrées via l’app en Bluetooth), j’ai tenu environ 5 jours sans recharge. De quoi penser qu’un usage un peu plus modéré pourrait bien atteindre la semaine.

Plus qu’un simple bracelet: la porte d’entrée de Google Health

Il faut comprendre que le Fitbit Air n’est pas l’unique moyen d’accéder à l’app Google Health. La vraie force de Google avec cette app, c’est Health Connect. Ce hub permet d’agréger des données provenant de sources tierces: si vous possédez une montre Garmin, COROS ou même un bracelet Xiaomi par exemple, vos données peuvent être récupérées automatiquement dans l’écosystème Google, analysée par l’IA centrale de l’app.

L’IA Gemini peut ainsi analyser vos tendances même si vous ne portez pas le Fitbit Air. Dans cette optique, le bracelet se positionne comme une « porte d’entrée » abordable pour ceux qui n’ont aucun capteur, mais il est loin d’être indispensable pour profiter de l’analyse IA de Google. C’est un point stratégique: Google ne vend pas seulement un appareil, il vend un centre de traitement de données santé dont le Fitbit Air est le capteur le plus discret ou accessible.

Mesures et données issues du Fitbit Air

Le Fitbit Air ne possédant ni affichage ni moyen d’interaction, l’expérience utilisateur se concentre donc sur le smartphone, Google Health en particulier, pour consulter les données mesurées par le bracelet.

Gemini, l’IA de Google, au coeur du système

Dans l’app, Gemini (le modèle IA avancé de Google) ne se contente pas de répondre à des questions dans un chat ; il agit comme un élément central d’abstraction entre les données brutes et leur interprétation. L’idée est simple: vous n’avez plus besoin d’être un expert en physiologie pour comprendre ce que signifie une chute de votre HRV ou une hausse de votre fréquence cardiaque au repos, Gemini le fait pour vous. Et il intègre toutes les données issues du bracelet pour calculer ces tendances.

En pratique, l’IA transforme des métriques complexes ou parfois un peu abstraites en conseils directs. Là où un utilisateur Garmin devra analyser ses courbes de récupération et croiser ses données, l’utilisateur du Fitbit Air reçoit une interprétation toute faite. On ne regarde plus des chiffres, on lit des analyses.

Alors certes, c’est une IA qui amène avec elle tous les problèmes de cette technologie. En déléguant l’interprétation à Gemini, on accepte que l’algorithme décide pour nous de seuils, d’interprétations parfois un peu arbitraires et de temps à autres d’hallucinations. Si l’analyse s’est révélée globalement cohérente lors de mes tests, le sportif aguerri peut ressentir certaines limites, car le modèle ne livre pas toujours le « pourquoi » technique détaillé de chaque réponse. L’avantage ici c’est que l’app de Google nous donne en tous les cas toutes les données brutes si on le souhaite.

Gemini (qui incarne « Le coach » dans l’app Google Health) génère des rapports à des moments clé (le matin ou le soir par exemple) automatiquement. On peut toujours lui poser des questions via le bouton « Demander au Coach », à toute heure du jour et de la nuit.

A l’usage, cet assistant IA se révèle bien plus utile et constructif que les mêmes technologies intégrées à Strava ou Garmin Connect par exemple, et même si ses réponses ne sont pas toujours 100% convaincantes, elles le sont la plupart du temps. C’est le gros point fort de l’app Google et du Fitbit Air.

L’IA centrale n’est disponible que dans l’abonnement payant.

Le suivi d’activité et de séances sportives du Fitbit Air

Le bracelet enregistre le nombre de pas et le niveau d’intensité des exercices quotidien, et en déduit une quantité de calories dépensées au cours de la journée (le calcul se base entre autres sur les données renseignées dans le profil).

Le Fitbit Air détecte seul quand vous marchez, courez ou faites du vélo grâce à l’accéléromètre et au cardio. Cependant, ces activités ne comportent aucune donnée de distance. Vous verrez un bloc d’effort et une dépense énergétique, mais pas de kilométrage. Il est également possible d’enregistrer des activités manuellement afin d’exploiter le GPS du téléphone pour ajouter des données de distance. En général, la détection automatique d’activité fonctionne plutôt bien.

En fonction de l’intensité et de la durée des entrainements, l’app propose aussi un score de charge d’entraînement. Le suivi des pas est plutôt fiable, en tout cas dans la norme des autres appareils du marché.

Le suivi du sommeil

Porté la nuit, le bracelet va analyser la durée, le type et la qualité du sommeil. L’app décompose la nuit en quatre phases : éveil, sommeil paradoxal (REM), léger et profond.

L’analyse peut porter sur une nuit, une semaine, un mois ou un temps plus long. La nuit, la mesure de HRV et de FC est également enregistrée. Enfin, le bracelet effectue aussi une mesure différentielle de la température de la peau durant le sommeil.

Le score de sommeil

Google propose un score d' »efficacité du sommeil ». C’est un indicateur que beaucoup de marques proposent et qui englobe dans une boite noire les données de durée, de structure et de continuité du sommeil. Une façon simple mais peut-être parfois aussi un peu simpliste d’analyser ses nuits.

L’application analyse aussi les points noirs de la nuit via des indicateurs comme l’agitation et les interruptions. Ce sont des indicateurs intéressants car même si la durée totale est bonne, la fragmentation du sommeil impacte la qualité réelle de la récupération.

Les métriques physiologiques

Le suivi de la fréquence cardiaque

Le bracelet enregistre en continu la fréquence cardiaque, et l’app propose une vue détaillée, quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle de ces données. Les données de fréquence cardiaque font partie des données fondamentales pour les indicateurs de santé plus avancés de l’app.

La variabilité de la fréquence cardiaque (VFC ou HRV)

C’est l’indicateur roi pour le sportif. Le Fitbit Air suit la HRV en continu. Les fluctuations de cette donnée est riche en enseignement sur la récupération et la quantité de fatigue de l’organisme. Dans mon suivi cet été, j’ai pu observer les effets de la chaleur des périodes répétées de canicules ou de mes entraînements sportifs par exemple. Une chute de la HRV indique que notre système nerveux parasympathique est sous pression et que le corps lutte pour récupérer. C’est l’outil intéressant, surtout bien contextualisé, pour savoir si on peut envoyer une séance intensive ou s’il faut rester en endurance fondamentale.

L’estimation de la VO2 Max

Le suivi du Fitbit Air intègre aussi l’estimation de la VO2Max. Dans mes exemples, on note une progression des données, il s’agit probablement plus d’un calibrage initial que d’une véritable progression. Attention toutefois : sans GPS intégré pour mesurer précisément les allures et les dénivelés en temps réel, cette donnée reste une estimation basée essentiellement sur la fréquence cardiaque et effort enregistré. C’est un indicateur de tendance plus qu’une valeur absolue qu’il faut retenir comme telle.

La saturation en oxygène (SpO2)

A l’exception d’activités en haute montagne, cette mesure sert principalement à détecter des anomalies respiratoires nocturnes. Au quotidien, pour un sportif, ce n’est pas un indicateur très intéressant, mais utile pour un bilan santé global ou pour mettre le doigt sur des problèmes durant le sommeil.

Mesures & données

Le Fitbit Air propose une mesure de fréquence cardiaque au poignet via son capteur intégré. Le bracelet ne mesure pas directement la distance parcourue, les variations d’altitude ou d’autres mesures que pourraient proposer une montre de sport. Dans les comparatifs, je me suis concentré sur la mesure de fréquence cardiaque, les autres données étant mesurées par le smartphone lorsqu’on l’utilise pour enregistrer une séance de sport.

Mesure de la fréquence cardiaque par le capteur optique

La technologie exacte utilisée par Google dans le capteur cardio optique n’est pas détaillée. Bien que le Fitbit Air puisse facilement être utilisé avec un brassard adapté sur le biceps ou l’avant bras, Google ne vend pas (encore?) de tels accessoires. Je me suis donc contenté de mesurer ses performances porté au poignet. Il y a fort à parier que la précision serait encore améliorée si on le portait plus haut sur le bras.

Le Fitbit Air peut techniquement diffuser la mesure de fréquence cardiaque en Bluetooth, mais il utilise une connexion propriétaire qui n’est compatible qu’avec une poignée d’appareils et d’apps. Ne comptez donc pas dessus pour alimenter en fréquence cardiaque votre compteur cycliste par exemple.

J’ai effectué plus de 15 comparaisons de données, je vous en livre quelques-unes ci-dessous qui illustrent le comportement global du bracelet.

La précision de la mesure de fréquence cardiaque optique est très variable d'un individu à l'autre. Dans ce test, vous trouvez des comparatifs que j'ai effectués avec différentes montres ou capteurs optiques lors de mes entrainements. Sur d'autres personnes, il est très probable que les résultats soient différents. Parfois meilleurs, parfois moins bons. Le fait qu'un capteur optique ait particulièrement bien ou mal fonctionné sur moi ne signifie en aucun cas qu'il en sera de même pour une autre personne...

De nombreux facteurs influent la performance de mesure optique, comme la morphologie, le type de peau, la pilosité et bien d'autres. Il est possible d'améliorer la précision de la mesure optique en appliquant quelques conseils figurants dans cette vidéo.

Note concernant le score de chaque comparatif (depuis début 2022): Afin de quantifier la précision de la mesure, un score de précision est calculé pour certains comparatifs de mesure cardio entre deux types de mesure. Ce score est obtenu en pondérant l'erreur de mesure moyenne lors de chaque relevé (en principe chaque seconde) avec un poids supérieur pour les erreurs les plus importantes. En règle générale, deux ceintures pectorales de qualité identique comparées entre-elles obtiennent un score situé entre 95 et 99%.

  • Entre 90 et 100%: Excellent
  • Entre 80 et 90%: Bon
  • Entre 70 et 80: Indicatif
  • Entre 60 et 70%: Médiocre
  • En-dessous de 60%: Mauvais (pas utilisable)

Plus le chiffre est bas, plus la mesure a été imprécise. Afin d'éviter de dévaluer le score de comparaison des cardio optiques qui nécessitent un peu de temps pour stabiliser la mesure, les 60 premières secondes de mesure sont ignorées dans le calcul du score de précision. La latence de mesure du cardio optique est également prise en compte dans l'algorithme et ne pénalise pas le résultat jusqu'à 4 secondes.

Comparatif 1: Course à pied

Sur le terrain, le Fitbit Air s’en sort étonnamment bien en course à pied, et ceci sur quasiment tous mes comparatifs. Par exemple, sur cette sortie de course à pied assez dynamique, avec un score de 93,3 % et un écart moyen très serré de 0,52 bpm, le capteur optique offre une précision quasi chirurgicale, quasi à la hauteur d’une ceinture.

Même si on note un pic d’écart maximal à 11 bpm, ce qui peut arriver lors de changements brusques d’allure, le résultat global est solide. Pour le coureur du dimanche, c’est largement suffisant ; pour le coach ou l’athlète cherchant une précision absolue sur des intervalles courts, la ceinture reste reine, mais le Fitbit Air est ici un outil fiable et crédible, surtout pour la catégorie de personnes ciblée par ce type d’appareils!

Comparatif 2: Mesure à vélo de route

Comme c’est l’habitude sur les activités de vélo de route, on touche au « talon d’Achille » du capteur optique. Et c’est une demi-surprise de retrouver un score de 39,3%. L’écart moyen grimpe à près de 4 bpm, mais c’est surtout l’écart maximal de 51 bpm qui est ici problématique, sans parler la répétition de sections sur lesquelles le capteur n’a pas réellement verrouillé la bonne mesure.

En pratique, cela s’explique par la position du poignet sur le guidon et les vibrations, qui perturbent la lecture du flux sanguin. Pour toute séance d’entraînement sérieuse à vélo, ce bracelet est à peine informatif: il est incapable de fournir une donnée exploitable pour piloter son effort.

Comparatif 3: Mesure à vélo électrique

Au vu de la cible de ce type d’appareils, j’ai essayé de mesurer ma fréquence cardiaque sur le vélo électrique. Curieusement, dès qu’on passe sur ce type d’activité, la précision remonte en flèche pour atteindre un score quasi parfait de 98.2 %. L’écart moyen est négligeable (0.22 bpm) tout comme l’écart max (sous les 3 bpm).

Pourquoi une telle différence avec le vélo classique? Probablement que le guidon plat de mon vélo électrique induit moins de tensions musculaires au niveau du poignet, et que l’effort est un peu plus lissé quoique le graphique montre tout de même de belles variations. Pour un usage urbain ou des sorties détente avec ou sans assistance électrique, le Fitbit Air semble exemplaire et totalement transparent par rapport à une ceinture cardio. Il fournit donc de bonnes données globales pour des sportifs occasionnels.

Bug dans l’export de données et impact initial sur la précision du Fitbit Air

Il est important de mentionner une polémique qui a entouré le lancement du Fitbit Air. À sa sortie, un bug dans l’application décalait les données de fréquence cardiaque lors de l’export des fichiers. Ce bug a entraîné des erreurs dans les comparaisons de données initialement réalisées pour certains tests, ce qui a conduit nombre d’influenceurs et de testeurs à conclure que le Fitbit Air était catastrophique en mesure cardio. Ce n’était pas faux au vu des chiffres, mais l’erreur ne provenait pas de la mesure du bracelet, mais de l’export depuis l’app.

Une fois ce bug corrigé par Google, les données exportées étaient enfin correctes et le Fitbit Air s’est révélé être un excellent capteur. C’est pourquoi je vous invite à ne pas accorder trop de crédit aux premiers tests « à chaud » qui ont probablement largement été impactés par ce problème.

Conclusion du test du Fitbit Air

Après deux mois avec ce bracelet au poignet, j’en suis arrivé à la conclusion que le Fitbit Air ne doit pas être analysé comme un bracelet connecté en tant que tel, mais comme un point d’entrée pour l’app de Google: Health. Fin, léger, sans écran: on obtient un objet invisible et confortable, dont la seule mission est d’alimenter l’app en informations biométriques. C’est un changement de paradigme par rapport à une montre: on ne pilote plus son effort avec son appareil, on accumule des données dont on fait la synthèse au moment que l’on choisit.

Sur le marché, c’est un petit coup porté à Whoop. Bien plus que ne l’a été le Polar Loop. En proposant un prix très attractif, sans abonnement obligatoire pour les fonctions de base, Google démocratise l’approche « screenless » et rend l’accès aux données de santé bien moins coûteux sur le long terme. On passe d’un modèle de « luxe » pour initiés (Whoop) à un outil accessible au plus grand nombre, avec la possibilité (et non l’obligation) d’activer des fonctions premium.

Le Fitbit Air est l’outil idéal pour celui qui veut suivre sa récupération et son sommeil sans la gêne d’une montre au poignet ou sans la distraction d’un écran qui accapare notre attention. Clairement: si vous possédez déjà une Pixel Watch (ou même un Charge 6), l’intérêt du Air est quasi nul. Le hardware étant sensiblement le même (un Charge 6 dont on aurait retiré l’écran, pour faire rapide), vous disposez déjà des mêmes capteurs et, dans le cas de la montre, d’un GPS intégré.
Le Fitbit Air s’adresse essentiellement à deux profils:

  1. Celles et ceux qui n’ont aucun tracker et veulent entrer dans l’écosystème Google Health à moindre frais.
  2. Les « power users » de la récupération qui souhaitent porter un capteur discret 24h/24, y compris durant le sommeil, tout en gardant leur montre classique ou analogique sur l’autre poignet. Soit une partie des potentiels utilisateurs Whoop retenus par les prix de ce dernier.

Un dernier bémol: attention à ne pas confondre « discrétion » et « universalité ». Si le bracelet est parfait pour collecter des données, son écosystème reste plutôt fermé. L’impossibilité d’utiliser nativement le Fitbit Air comme source de données de fréquence cardiaque pour alimenter un compteur Garmin ou Wahoo via les standards Bluetooth classiques est une lacune majeure pour tout sportif souhaitant centraliser ses flux de données. Sans mentionner le fait qu’en portant cet appareil, on alimente la machine Google. Il sera laissé à chacun la libre appréciation de ce point.

J’ai aimé ou pas aimé

Sur le Fitbit Air, j’ai aimé:

  • Le poids plume et le confort du bracelet textile fait que l’on oublie très vite le bracelet au poignet.
  • L’IA centrale dans l’app ne se contente pas de donner des chiffres, elle analyse et synthèse les données. C’est l’une des meilleures implémentations d’IA coaching actuelles à mon avis, rendant la donnée brute accessible sans être expert.
  • Un prix très compétitif (~100€) qui casse le modèle « abonnement obligatoire » de Whoop pour l’accès aux données de base.
  • La précision cardio: j’ai été très surpris par la fiabilité du capteur optique lors des sorties running, avec une corrélation quasi parfaite vis-à-vis d’une ceinture pectorale sur mes tests

J’ai moins aimé:

  • L’écosystème fermé: impossibilité de diffuser sa fréquence cardiaque via les standards Bluetooth classiques vers un compteur Garmin ou Wahoo par exemple.
  • Le paywall sur l’IA: si le bracelet est abordable, la vraie valeur ajoutée (le coaching Gemini) est verrouillée derrière un abonnement mensuel. Bien que 3 mois soient offerts, on aimerait avoir au moins la possibilité d’avoir un bilan IA le matin ou le soir dans la version gratuite.

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