Pour la troisième année consécutive, la quatrième au total, j’étais sur la ligne de départ du marathon de Berlin. C’est sur ce parcours que j’ai maintenant bouclé exactement la moitié de mes huit courses sur la distance. Pourtant, pas de lassitude, pas de routine, pas de certitude. Si le parcours reste (presque) invariablement le même, si les photos prises dans la capitale allemande avant la course se ressemblent toutes d’année en année, la course, elle, réserve toujours un scénario très différent. Cette année, je ne venais pas avec un objectif, sinon de profiter de l’instant car je savais que cette série de trois départs s’arrêterait là. Les envies et les objectifs évoluent, je ne sais pas encore exactement de quels challenges 2027 sera faites, mais pas de marathon. Cela ne veut pas dire que je renonce à courir 42.195 kilomètres à l’avenir, d’ailleurs j’en ai un au programme en décembre. Mais je m’imagine plus prendre le départ de quelques triathlons en 2027. Avant cela, revenons sur Berlin 2026…

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Jamais deux sans trois
J’arrive dans le bloc D, au milieu de Tiergarten, environ une heure avant mon départ. Dans le bloc, les rituels sont les mêmes: la banane 40 minutes avant. Passer au petit coin, la barre énergétique 15 minutes avant. Les départs se succèdent sur l’écran géant: d’abord les handicycles, puis les fauteuils roulants, et enfin les élites. Les mêmes levers de bras, le même « I got a feeling… » des mêmes Black Eyed Peas. Puis cette même musique mêlant musique de suspense d’un film d’horreur de série B et une musique d’ascenseur dans un vieil hôtel, vous savez, ceux avec la moquette sur les murs. « Dreizig sekunden bis zum start », puis le signal de départ accompagné des flammes qui sortent du portique de départ. Je retire mon poncho de l’édition précédente qui me tenait chaud jusque là et me met à avancer en marchant en direction de ce portique de départ. Mais pourquoi Berlin?
Mais pourquoi Berlin?
Je sais pourtant que je vais devoir passer en tout cas deux kilomètres à slalomer pour trouver mon rythme. En particulier cette année qui semble être un excellent millésime en matière de travaux urbains dans la ville. A plusieurs endroits, le parcours est légèrement modifié par rapport au tracé « original », que j’ai suivi les deux années précédentes. Il y a aussi plusieurs passages plus étroits que de coutume, ce qui contribue assez joyeusement à casser le rythme sur ce parcours habituellement tellement roulant.
Mais ce qui ne change pas, c’est cette foule, cette ambiance, et le fait de courir 42km durant en n’étant jamais seul. Que l’on soit dans un jour parfait, à effleurer le bitume et à chercher des lièvres ou dans un jour de misère qui a commencé à l’hôtel avec la tartine qui tombe de l’assiette (côté beurre évidemment) et qui se poursuit avec un point de côté déjà au kilomètre 6. Là, on trouve des compagnons de route, on partage son fardeau avec des centaines d’autres coureurs venus des quatre coins du monde.
J’ai connu les deux: l’effleurage de bitume en 2024, remontant des coureurs par dizaine sur la seconde moitié de ma course à la gestion parfaite. J’ai connu la course dans la douleur dès le 12ème kilomètre l’an passé, serrant les dents sur 30 bornes pour en terminer pas trop loin de l’objectif initial, dans une température qui pré-figurait ce que serait ma préparation de cette année.
Malgré cela, j’avais envie de revivre cela une fois. Je savais pourtant que les chances que je revive la course parfaite étaient faibles, depuis bien des semaines déjà. Mais tout n’allait pas mal pour autant. Certes les objectifs de temps n’avaient rien à voir avec les années passées. Mais je voulais imprégner, peut-être une dernière fois, de l’ambiance. De cette interrogation continue en analysant l’architecture environnante lors de la course: « Berlin-Est » ou « Berlin-Ouest »?
La préparation
Si je sais depuis longtemps qu’il n’y aura pas de record, c’est parce que durant cet été qui n’a été qu’une successions de canicules particulièrement hostiles pour celui qui cherche à effectuer un entraînement qualitatif, j’ai laissé tomber une grosse partie de des séances de vitesse. Ce sont des séances que je case habituellement volontiers sur le temps de midi. Mais par 35°C, je n’ai pas tout le temps trouvé les ressources d’aller me faire mal sur la piste, ou même sur les bords du lac.
Je n’avais pourtant pas trop de doutes sur ma capacité à terminer la course, avec la réalisation de plusieurs sorties longues de 20km ou plus, avec une sortie culminant à 30km sur un parcours accidenté. Mon principal souci ces dernières semaines était mon pied gauche dont l’articulation de la cheville avait furieusement tendance à se bloquer, qui a nécessité plusieurs manipulations d’ostéo pour prendre le départ.
Mon objectif réaliste était de boucler le parcours en 3h45. Si tout s’alignait parfaitement, je pouvais viser 3h40, mais peu de chances d’approcher les 3h30 que je visais (et manquait) lors des 2 dernières années.
La course
Je marche encore quelques mètres, et le groupe accélère et je me mets à courir en mode jogging quelques mètres avant l’arche. Je déclenche le chronomètre et je cours sur cette large avenue entourée d’arbres, avec ce même monument au centre du premier rond-point du parcours. Je cours presque à la maison. L’objectif est de maintenir une allure qui ne descende pas trop au-dessous de 5:20/km sur le premier semi, et d’aviser ensuite. Les premiers kilomètres, l’allure oscille pas mal avec la densité de coureurs sur la route. Mais dès le kilomètre 5, il devient plus évident de trouver un rythme.

J’ai décidé de changer un tout petit peu mon plan d’alimentation par rapport à l’année passé: je suis passé d’un gel toutes les 30 minutes à un gel toutes les 25 minutes. Cela me permet d’augmenter légèrement mon apport en glucide par heure de course, et Berlin constitue un bel entraînement à ce niveau avant le marathon de Valence en décembre. Au kilomètre 8, je vois ma tendre moitié sur le bord du parcours pour la première fois, je lui dit que tout se passe comme prévu.
La météo est plus clémente ce dimanche qu’il y a un an, mais il fait malgré tout un peu trop chaud pour une course optimale. Je porte le capteur CORE sur ma ceinture cardio et ma température corporelle est déjà au-dessus des valeurs optimales, malgré un entraînement estival réalisé pour l’essentiel dans des conditions de chaleur caniculaires.
Jusqu’au semi-marathon, les choses se passent exactement comme prévu, je cours à une allure et une fréquence cardiaque maîtrisées. C’est juste avant l’arche du semi que je vois ma chère et tendre sur bord du parcours pour la seconde fois: tout va encore très bien.
A ce moment là, je me dis que je suis sur des rails pour terminer à cette allure, qui devrait me permettre de voir la ligne d’arrivée entre 3h40 et 3h45. Mais évidemment, ce qui fait la magie du marathon, c’est que tout ne se passe pas toujours comme prévu. C’est même rarement le cas…
Aux alentours du kilomètre 25, je sens que mon pied gauche ne « déroule » plus comme il devrait. Cela entraîne rapidement un petit déséquilibre dans ma technique de course, avec pour conséquence quelques kilomètres plus tard une douleur qui apparaît au genou droit. Phénomène de sur-compensation du corps pour essayer de maintenir le mouvement. A peine quelques minutes plus tard, c’est la voûte plantaire du pied gauche qui commence à tirer.
La gêne n’est pas complètement rédhibitoire, mais l’ensemble n’est pas optimal, et je ralentis. Jusqu’au kilomètre 38 les choses vont toujours, mais moins vite. C’est là que je vois ma chérie une dernière fois sur le parcours avant l’arrivée. J’ai l’impression que je cours complètement de travers, mais elle me dit que j’ai l’air bien…
Les 4 derniers kilomètres sont assez difficiles, entre la fatigue musculaire qui s’est bien installée et les douleurs directement ou indirectement liées à ce nouveau blocage de la cheville gauche.
Chaque sportif connaît le dilemme: j’ai encore d’autres objectifs cette saison, et poursuivre pourrait bien les compromettre. Mais si proche du but, on n’abandonne pas. Ce n’est pas rationnel, il ne faut pas chercher de logique ou de bon sens à 4km de la ligne d’arrivée d’un marathon. Je continue à courir.
Si les kilomètres 38 à 40 sont très compliqués à gérer, à tourner dans la ville de Berlin, les 2 derniers sont magiques. On arrive sur cette grande allée et on voit au fond cette porte de Brandebourg qui nous attend. L’approche est longue, mais on a un repère visuel, un objectif.
Passer sur la place pavée, puis sous la porte, c’est un moment particulier, même si c’est la quatrième fois. L’émotion est toujours intacte. Et ensuite, il ne reste plus que quelques centaines de mètres et c’est la ligne d’arrivée.
Après la ligne d’arrivée
Je termine mon quatrième marathon de Berlin en 3h51. Mon moins bon temps après les 3h36 de 2015, 3h33 de 2024 et 2025. Mais ce fut une belle course, dont la résilience et la persévérance complétera bien les souvenirs de gestion parfaite de 2024 et d’abnégation de dépassement des limites de 2025.

L’objectif désormais est donc de récupérer, et de me remettre à l’entraînement pour terminer cette année sur une meilleure note en décembre à Valence! J’ai maintenant devant moi environ deux semaines de récupération avant de reprendre le chemin de l’entraînement, dans des conditions je l’espère plus clémentes en tout cas en termes de climat.
Pour cette course, j’ai utilisé
Comme on est sur un blog de passionnés de tech et de gadgets, voici la liste du matériel que j’ai utilisé pour courir ce marathon:
- Tenue:
- Caleçon de sport Compressport Seamless Boxer (n’ayant pas trouvé de 2:1 parfait, j’en ai constitué un)
- Short de course Compressport Performance dont j’ai retiré la garniture intérieure
- T-Shirt Owayo personnalisé
- Casquette Compressport noir et blanche
- Chaussettes Calza Nera
- Lunettes de soleil Alpina Nylos HR
- Chaussures On Cloudboom Strike
- Stryd pour la mesure de la puissance
- Ceinture cardio Polar H10
- Montre Polar Grit X2 Pro pour l’enregistrement des données et la gestion de course au poignet gauche
- Montre Garmin fenix 9 Pro pour tester le livetrack le long de la course
- Gels WinForce. J’en ai consommé un toutes les 25 minutes environ
- Ceinture Compressport Free Belt Mini pour transporter les gels
- Comme les deux années précédentes, je n’ai embarqué aucune caméra ou appareil photo, préférant me concentrer sur ma course et laissant le soin aux photographes de la course d’immortaliser mon effort
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