Compte rendu

Triathlon international de Cannes 2016

Publié 18 avril 2016 à 12 h 15 min   /   par   /   commentaires (4)

Week-end express pour un début de saison de triathlon, voilà ce que devaient être ces deux jours dans la ville de cinéma. En quittant le travail vendredi en direction de l’aéroport, ce n’est en tout cas pas la météo annoncée chez moi qui allait me retenir. La côte d’Azur semblait définitivement être un meilleur choix. Mais mon séjour voulait se faire désirer, mon vol aller ayant plus d’une heure de retard.

Finalement, arrivée très tardive à l’aéroport de Nice. Le renforcement de sécurité en France aura encore raison d’une bonne demi-heure à cause du contrôle des passeports. Et enfin, je retrouve mon vélo sur le tapis roulant, la boîte à moitié ouverte… Mais l’essentiel: tout est là.

Il est bien plus tard que prévu, c’est évidemment le moment idéal pour avoir parmi ses followers Twitter un chauffeur de taxi cannois qui arrive à son secours. Le gros logo nakan.ch imprimé sur sa pancarte me fait sourire! J’arrive à mon hôtel de Cannes en un temps record, et il ne faut pas longtemps pour aller me coucher, car j’ai deux jours bien chargés à venir.

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Le samedi matin, je me rend au village du tri pour y récupérer mon dossard, et faire une petite visite des stands. Ensuite, ballade en ville et sur le bord de mer. En cherchant quelque chose à me mettre sous la dent, juste après être passé devant le centre des congrès et ses fameuses marches avec le tapis rouge, je tombe sur une partie de l’équipe presse de Polar, sponsor de l’événement. Je mange avec eux à midi, l’occasion de faire le point sur les nouveautés à venir (le détail ici).

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Les analyses météo étaient exactes: il fait bien meilleur ici qu’en Suisse. Le soleil brille et la chaleur monte vite. Et si il faut la même météo le lendemain, la course sera un excellent entrainement aux conditions canariennes qui m’attendent pour le mois de mai à Lanzarote.

Retour ensuite à l’hôtel pour y sortir le vélo de sa boîte et le remettre en fonction. Pour que cela soit plus rapide, j’ai décidé de prendre avec moi le vélo de route et non le vélo de chrono, plus compliqué à monter/démonter. Ici, pas besoin de grosse clé dynamométrique pour les Vector, j’ai les roues montées avec le PowerTap G3, clic-clac, 20 minutes et le vélo est prêt à en découdre. Ensuite, préparation des sacs de transition.

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Il ne faut pas se tromper, pas d’accès au sacs le matin de la course! Une fois le tout prêt, je m’équipe et me rend dans la zone de transition, située à environ 2km du centre ville.

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Installation du vélo, dépose des sacs, et analyse des parcours. Je m’intéresse particulièrement à la température de l’eau. En partant de chez moi, la seule info que j’ai trouvée sur le net annonçait une température de 13-14°C. Mais apparemment, dans cette petite baie, l’eau est plus proche des 15-16°C me dit-on. Tant mieux.

Je retourne alors en ville en courant. Quelques kilomètres pour me dérouiller un peu, avant la course du lendemain. Après cet intermède sportif, il commence à faire soif, et j’ai des choses à écrire, alors…

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Le dernier objectif de la journée est de ne pas se coucher trop tard. La journée du dimanche sera longue! Le réveil le lendemain est réglé à 5h45. Non que le départ soit donné très tôt (8h45) mais la zone de transition ferme à 7h45 au moment du départ de la distance longue. Et il faut bien retourner voir le vélo pour y mettre un bidon et vérifier que tout est en ordre.

Debout aux aurores, petit déjeuner et départ pour la zone de change. 20 minutes de marche matinale sur une Croisette déserte. Vérification du vélo, je place mon bidon et c’est l’attente… J’assiste au départ de la distance longue (2/80/16), donné 45 minutes avant celui de la distance moyenne (1/52/8).

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Ensuite de quoi je commence à enfiler ma combinaison et je range mes affaires dans mon sac.

Ce matin, le ciel est chargé d’une couche nuageuse qui laisse présager la pluie. Mais au moment du départ en tout cas le temps est sec. Il est tout de même souhaitable que le soleil tape moins qu’un jour auparavant pour avoir de bonnes conditions de course!

20 minutes avant le départ, première immersion dans la méditerranée pour l’échauffement. A ma grande surprise, même si la température n’est pas celle d’un mois de juillet, elle n’est pas un problème. Ma montre affiche entre 16 et 17°C. Quelques centaines de mètres, quelques accélérations et je rejoint le départ. Il y a déjà bien du monde, et moi qui voulait me mettre devant c’est un peu raté. 1000 personnes dans cette catégorie, ça fait du monde pour le mass-start, et bien sûr, il faut s’attendre à ce que ça cogne un peu.

La natation

Quand on rejoint la plage derrière la ligne de départ, je suis en troisième rangée. Je me dis que ce n’est pas si mal, mais au moment où le coup de feu du départ retentit, alors que ma stratégie était de réaliser un véritable sprint jusqu’à la première bouée, je me rend compte qu’il va falloir rapidement établir un plan B… Impossible de passer les mecs devant. Englué dans le paquet, impossible de faire quoi que ce soit. Il s’agit donc de tenter de trouver un peu d’espace et de slalomer. Ce n’est pas le meilleur départ de natation que j’aie vécu, et ce moment n’est pas vraiment agréable. Ça tabasse vraiment, et pas moyen d’avancer. Il faut attendre au moins la seconde bouée pour que ça se dégage un petit peu, et enfin le demi-tour pour que vraiment je puisse me concentrer sur ma nage. Mais plus de la moitié est passée, donc plus moyen de sauver grand chose. La dernière bouée est passée elle sans encombres, et la dernière ligne droite vers l’arche de la plage n’est qu’une formalité. Résultat de cette natation: en lieu et place des 15 minutes d’objectif, me voici sorti en 17:40.

Traversée de la plage, passage sous le rideau de douches pour nous débarrasser un peu du sel et du sable, et récupération du sac de vélo. Enfilage du casque et passage des lunettes, et c’est parti pour aller chercher la machine. Les chaussures m’attendent fixées sur le destrier.

Le vélo

Sortie de la zone, la montée sur le vélo se passe mieux que lors de mon dernier tri à Lausanne (en même temps, il suffisait que je reste sur le vélo sans me casser la gueule pour que ça se passe mieux!). Les premiers kilomètres nous emmènent à travers Cannes sur un parcours très plat. Là, je ne suis pas avantagé avec mon vélo de route. Mais mon capteur de puissance me dit que j’en met pas mal.

Heureusement, le parcours s’élève après une quinzaine de bornes et je me retrouve un peu plus à mon avantage sur mon vélo plutôt léger. En effet, pas de boyau de rechange ni de cartouche de CO2 (si je crève, c’est l’abandon). Pas même de compteur sur le guidon (ce choix a été dur, je vous promet), uniquement la fénix 3 au poignet. Hormis une petite bosse de quelques dizaines de mètres, aucune côte n’excède les 4-5%, donc ça reste très roulant. Je le découvre au fur et à mesure qu’on avance sur le parcours.

Certes concentré sur la route, cela ne m’empêche pas complètement d’admirer le paysage, joli et semblable à ce que j’ai pu rencontrer (et que je rencontrerai à nouveau dans deux semaines) du côté de Aix-en-Provence.

Depuis le départ, le ciel est couvert, et la météo n’évolue pas forcément en direction du beau temps. Dès la moitié du parcours, on sent que la pluie peut arriver à tout instant, et c’est dans les 10 derniers kilomètres qu’elle s’invite à la fête. Il n’y a rien d’autre à ajouter aux ronds-points et virages serrés qu’une route humide pour assister à quelques chutes qui auront comme effet de rendre ceux qui sont restés debout un peu plus prudents. Pas de problèmes en ce qui me concerne, et de retour sur le bord de mer, plus de difficultés majeures avant le retour à Cannes.

Section vélo solide, avec de bonnes sensations et des chiffres issus du capteur de puissance qui le confirment. Temps de parcours pour ces 52.7km: 1:37:03, soit 32.6km/h de moyenne.

Entrée dans la zone de transition, je me dirige en direction des bénévoles en poussant le vélo. L’un d’entre eux prend et s’occupe d’aller le mettre en place. Moi je m’en vais récupérer le sac de course à pied. J’enfile une paire de chaussettes dans les chaussures que je met toujours dans ce sac dans l’éventualité de conditions humides. Comme il pleut encore, pas question de partir pieds nus pour 8km. La casquette est plus là pour éviter les gouttes que le soleil, mais heureusement, il ne fait pas froid!

La course à pied

Sortie de la zone de transition pour deux boucles. Je me lance à l’assaut de cette course à pied dans de bonnes conditions, et ne bride pas l’allure. En effet, j’avais pensé que si j’étais trop entamé après le vélo, il ne servait à rien de forcer sur la course à pied à deux semaines d’un half. Mais les jambes sont bonnes et je maintiens un 4:40 au km sur les deux premiers km sans avoir l’impression de mettre en péril ma récupération.

Arrivé à la fin de la première boucle, j’ai un doute sur la distance réelle de cette course à pied. En effet, sur la base de ce que m’indique ma montre, on est plus proche dun parcours de 10 que de 8km… J’essaie même d’augmenter un peu l’allure sur la deuxième boucle. La pluie cesse, et le soleil montre presque le bout de son nez.

Petite alerte lorsqu’au denier demi-tour, mon pied glisse sur le tapis de chronométrage mouillé, mais la situation est rétablie dans un geste à la Mission:Impossible sorti de nulle part! Passage du kilomètre 8, puis du kilomètre 9, et enfin, après encore près de 200 mètres, la ligne d’arrivée! Course à pied (d’après ma montre) de 9.2km, accomplis en 41:20.

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Au moment de passer la ligne, je déclenche mon chrono qui m’indique 2:42:32. Chose étrange, car l’organisateur me crédite d’un temps de 2:39:50. Presque 3 minutes d’écart c’est beaucoup, et comme j’ai déclenché sur le coup de feu de départ et sur la ligne d’arrivée, je ne vois pas d’où vient cette différence. Mais je ne vais pas me plaindre ;-) EDIT: les résultats définitifs font désormais état d’un temps final de 2:42:21. Voilà qui correspond mieux à mon propre chronométrage!

Content de ma course, c’était une bonne première pour cette nouvelle saison. Et jusque là, l’organisation de ce triathlon international de Cannes était impeccable. Malheureusement, tout cela va se gâter pour la suite.

La suite

Après avoir passé la ligne d’arrivée, il faut attendre que les derniers participants soient partis sur la course à pied afin de pouvoir commencer à récupérer ses sacs et son vélo. Jusque là, rien de plus normal. Et si l’attente à l’entrée de la tente de transition pour récupérer ses sacs de course à pied et de vélo et assez importante, on ne peut pas vraiment blâmer l’organisation. Et somme toute, les deux sacs sont plutôt vite récupérés, et encore dans la bonne humeur. Mais la véritable épreuve, c’est quand on arrive dans le parc à vélo. Rappelez-vous, après mon parcours vélo, j’ai donné mon vélo à un bénévole et il s’est occupé de le ranger. Dans le briefing, on nous disais que cela était fait selon le temps d’arrivée. Donc je pensais naïvement que comme à Aix en 2012, en récupérant à l’entrée du parc avec notre temps cumulé natation + vélo, on retrouverait le deux-roues sans coup férir. Mais il n’en fut rien, et à la place de cela, des dizaines de triathlètes se retrouvèrent bien malgré eux en plein milieu d’une partie de « Où est Charlie« . Le but? Trouver son vélo, sans l’aide de personne, au milieu de ça:

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Il m’a fallu une bonne demi-heure pour débusquer, dans une rangée improbable car ce n’est absolument pas dans cette zone que je l’ai laissé au bénévole, mon Kuota. La première partie du chemin de l’enfer était parcourue. En restait la sortie. Car bien entendu, on vérifie que que chacun ressort du parc avec le bon vélo, donc le bon numéro de dossard. Mais là, pour 2000 personnes, seules deux bénévoles effectuaient ce checkout. Incroyable. 40 minutes supplémentaires d’attente. Heureusement que j’ai réservé le dernier vol de la journée pour mon retour… Chers organisateurs du Tri International de Cannes: il me semble autrement plus efficace de laisser les triathlètes ramener leur vélo à leur emplacement initial. Et prévoyez idéalement une autre sortie, pour au moins doubler le flux!

De retour à l’hôtel, ne me restait plus qu’à prendre une douche bien méritée (et appréciée à sa juste valeur), démonter et ranger le vélo et fermer la valise. Il me restait encore une heure avant que mon taxi n’arrive. L’appel de la Guiness a été le plus fort.

Très bon week-end, avec une compétition de la bonne distance pour préparer la suite de la saison, à savoir Aix (half), Lanzarote (Ironman), Galway (half) et Vichy (half). Galway remplace mon souhait initial de faire l’Ironman Zurich, option devenue tellement chère que le déplacement en Irlande me revient moins cher!

Merci pour votre visite, et à très bientôt pour de nouvelles aventures triathlétiques et technologiques !

Commentaires (4)

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Commentaire
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  • 18 avril 2016 à 13 h 07 min Stéphane

    Salut Nakan, et bravo pour ta perf.: 2 Guiness en un we, c’est pas rien! Après faut bien tuer le temps entre deux, et un petit tri sympa est l’occupation idéale.

    Je suis étonné d’une chose, c’est que tu ne mettes pas de prolongateurs sur ton vélo route (qui est magnifique!!). Cela ne te permettrait-t-il pas d’avoir tout de même une position aéro, surtout sur un parcours peu accidenté?

    En tout cas bonne continuation pour cette belle saison que tu t’es fagotée.

    Cordialement, Stéphane

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    • 18 avril 2016 à 14 h 09 min greg (nakan)

      Deux Guiness, mais des petites, quand même. Et comme je bois en moyenne 5 bières par année, il faut que je surveille mon quota avant de partir en Irlande ;-)

      Merci pour le vélo! J’ai hésité à prendre des prolongateurs, mais ça fait encore plus de boulot en montage/démontage, et comme je ne visais pas de performance absolue sur cette course, ça ne m’a pas dérangé. A Aix et pour les courses suivantes, je prendrai mon vélo de TT, avec les prolongateurs, donc je pourrais envoyer plus sur les portions roulantes!

      Bonne saison à toi!

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  • 18 avril 2016 à 13 h 31 min Sebtaxicannes

    Merci pour la com à bientôt sur cannes et bravo encore

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  • 18 avril 2016 à 17 h 11 min François

    Bien joué mon webmaster

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