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Compte rendu

Morat-Fribourg 2016

Publié 2 octobre 2016 à 21 h 12 min   /   par   /   commentaires (6)

Dans le sens « Petit Prince » du terme, je suis une grande personne. Alors je devrais être content d’avoir pleins de chiffres positifs sous les yeux après cette course:

  • 9 minutes de gain par rapport à ma précédente participation qui avait lieu en 2011.
  • 4:42/km, une allure correcte pour un parcours aussi exigeant.
  • 1:20:49, un temps correct pour une course de 17km sur un tracé qui ne me convient pas vraiment.

Mais aujourd’hui, même si je suis dans l’absolu content de ma course, je ne peux pas dire que je suis content de ma journée…

mf_cover_web.jpgSi je m’inscrit cet été à cette course, ce n’est pas pour en faire un objectif en soi. Cette course, je ne l’ai courue qu’une seule fois, en 2011, et si je n’y suis plus revenu c’est parce que je sais qu’elle ne me convient pas vraiment. D’abord, elle est pleine de changements de rythmes, et je n’aime pas trop ça. Et puis n’étant pas à l’aise en descente je n’arrive pas à me « refaire » entre deux montées. Les raisons de ma participation sont donc à chercher ailleurs, et cette année c’est dans la préparation du marathon de Lausanne qu’elle s’inscrit.

Durant toute ma saison depuis Lanzarote, ma motivation était au plus bas mais je surfais sur une sur-compensation hors normes pour courir nombre de courses avec des performances plus que correctes. En cette fin de saison, l’équilibre des choses bascule: ma motivation revient au beau fixe pour aller chercher une performance sur le marathon, mais le corps, fatigué et blessé (notamment par une chute au tri de Lausanne) me faisait comprendre que les 42km allaient être difficiles à aborder.

mf_morat_web.jpgCe matin, on arrive avec Jérôme à Morat une heure environ avant le départ de notre bloc. On a donc tout le temps de nous changer et de nous échauffer avant de rejoindre la ligne de départ. La météo incertaine la veille semble être au plein soleil à Morat ce matin.

mf_bloc_depart_web.jpgAprès avoir rejoint le bloc C, quelques minutes d’attente et le coup de feu retentit. Nous sommes nombreux et le départ est donc tranquille, car il faut que toute la foule démarre. Mais les premiers hectomètres en descente permettent au compteur de rapidement afficher des allures de l’ordre de 4:00/km. Le premier kilomètre est même couru en rigolant avec Jérôme, et les choses sérieuses ne commencent vraiment qu’ensuite.

mf_start_web.jpgPeu de répit, et c’est avant la deuxième borne kilométrique que la première montée pointe. Décidé à livrer une bonne performance, je force l’allure pour rester sous les 5:00/km, et naturellement la fréquence cardiaque augmente. Reste à savoir si ça tiendra…

J’ai l’impression de faire un début de course correct, mais de courir un peu à côté de mes baskets… Je ne suis pas pleinement dans ma course, et toujours un peu l’impression de courir à un rythme qui n’est pas le mien. Un peu au-dessus dans les montées, un peu au-dessous dans les descentes. Pourtant, la courbe de FC analysée à postériori m’indique une chose très claire: « Greg, tu ne pouvais pas faire mieux!« :

mf_fcJe constate que j’ai toujours les même difficultés qu’en 2011: je n’arrive pas à faire baisser ma FC dans les descentes de manière significative. Et tournant les montée à quasi 95%, je peux estimer que ma préparation est bonne si cela tient sur 17km.

Au 5ème kilomètre toutefois, je me dis qu’après à peine un tiers de la course les genoux et les hanches font déjà mal. Ce n’est pas bon signe, les problèmes de Weymouth ne sont pas réglés… Au niveau météo, jusque là les conditions sont optimales. Ni trop chaud, ni trop froid. Mais plus on s’éloigne de Morat et qu’on se rapproche de Fribourg, plus le ciel devient gris.

Les kilomètres deviennent de plus en plus difficiles et pour ma part, douloureux. Rageant car la préparation est bonne, aucun problème au niveau musculaire. Au niveau cardio, au taquet mais ça tient. Enfin, au niveau météo, malgré ce à quoi je m’attendais, c’est tout à coup l’averse sur le parcours…

mf_pluie_web.jpgCe n’est qu’au 9ème kilomètre que je commence à prendre un rythme « naturel » et à me sentir capable de gérer la course et non la subir. Mais le mental n’y est plus vraiment, car j’ai compris l’enseignement essentiel de la journée: il n’y aura pas de marathon de Lausanne. Si je ne tiens pas 10km sans douleur, comment imaginer 42 bornes ?

Résigné, je m’emploie à boucler cette course sous les 1h20 pour terminer cette saison en beauté. Quand je regarde ma montre, je comprends que c’est encore possible. Mais il faudra passer en trombe la Sonnaz, le juge de paix de cette course. Cette montée en deux temps comprends une première partie qui semble avoir été mise là juste pour mettre en pré-fatigue les pauvres coureurs. Ensuite, après un court faux-plat, la deuxième partie consiste en une montée en lacets avec une relance affreuse au sommet sur un faux-plat montant:

mf_sonnaz_web.jpgJ’arrive dans la montée avec la FC à fond, à savoir 202… Et forcément, je plante au milieu. 5:49/km. Il va falloir pouvoir relancer comme un fou ensuite sinon adieu l’objectif. Après la montée, il reste 4 kilomètres.

Je reconnais au bord de la route un ancien collègue. Puis la famille qui a fait le déplacement, sans rien m’avoir dit! Il reste 4 kilomètres et je sais que la fin n’est pas plate. L’entrée sur Fribourg fait mal aux jambes et le décor est nettement moins sexy que les routes de campagnes. A chaque fois que je rentre dans cette ville, c’est pour me faire mal à pied ou sur un vélo…

Je reste fixé sur ma montre, il me manquera quelques secondes. Dernière rampe avant la ligne d’arrivée. Il faut un dernier coup de collier. Mais je rate l’objectif de 50 secondes, franchissant la ligne en 1:20:49…

Je suis déçu. Pas par la course, ayant couru en 1:29 en 2011. Non, je suis déçu car je suis obligé de renoncer à la fin de ma saison. Lors de ma dernière sortie longue, je m’étais déjà dit que les 42km allaient être compliqués, mais cette fois les choses sont claires. Il va falloir du repos…

Je terminerai donc ma saison sur un vélo de cyclocross, avec quelques manches de l’omnium romand juste pour le fun. Et je reprendrai la course à pied après une pause qui semble, après un IM, quatre halfs et plusieurs autres courses, nécessaire!

Merci aux deux supporters qui ont fait le déplacement en cachette, merci à Jérôme avec qui j’ai partagé la journée, merci aux deux lecteurs du blog qui m’ont salués juste avant la Sonnaz (désolé si ma discussion était un peu limitée à ce moment de la journée…), et merci à vous tous pour la lecture!

Commentaires (6)

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Commentaire
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  • 2 octobre 2016 à 22 h 04 min Blette

    Repos bien mérité après cette belle saison…. félicitations

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  • 2 octobre 2016 à 22 h 30 min Stéphane

    Bravo pour ta saison haute en couleurs, faite de hauts et de bas et énormément d’expériences. Dans tous les cas je te lis avec passion et vis par procuration tes aventures. Merci de les retranscrire.

    Et pourquoi pas couper la poire en deux et participer au half marathon du coup? Pas intéressé?

    Bonne fin de saison et merci pour ton blog.

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  • 3 octobre 2016 à 10 h 17 min Romain

    Salut,

    Belle perf’ en tous cas, car le parcours est quand même casse-pattes.
    Et puis à Fribourg il y a aussi de super coins pour écluser une Guiness ;)

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    • 3 octobre 2016 à 13 h 19 min greg (nakan)

      Salut,

      Merci! Jolie course mais effectivement très casse-pattes. Je n’avais pas vraiment le cœur à faire la fête après la course hier, mais je ne doute pas que les tavernes à Guinness sont légions à Fribourg, et ça me ferait plaisir de découvrir un peu plus cette ville à l’avenir !

      Sportivement.

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  • 17 octobre 2016 à 16 h 13 min Mic Holl

    Toujours aussi agréable à lire. Je pense qu’il te faut plus de temps pour récupérer. Je n’ai pas l’impression que tu as baissé le rythme car tu as quand même fait 2 Half depuis ta chute à vélo.
    Il serait dommage de ne pas pouvoir continuer sans douleur dans l’avenir. On hésite à arrêter car on se dit souvent à tort que l’on va tout perdre, c’est vrai niveau VMA et de l’endurance à court terme. Mais tout ceci se reconstruit rapidement au regard des années de pratiques. En revanche, les pépins physiques et surtout articulaires ne s’arrangent pas avec le temps et l’âge si on n’y prend pas garde. L’idée, c’est que cela reste un plaisir et pour longtemps :)
    Merci pour tous ces articles fort instructifs.
    Une rubrique sur le matériel testé sur la partie vélo ? Le matériel que tu utilises actuellement les changements effectués et les choix qui t’ont motivé à le faire.
    Encore bravo !

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    • 18 octobre 2016 à 13 h 55 min greg (nakan)

      Merci. J’ai décidé de tout laisser de côté et de pratiquer uniquement le sport en mode super léger en attendant que le corps récupère. Je n’ai effectivement pas envie de me retrouver complètement cassé à 35 ans, alors je vais m’accorder un peu de temps avant de planifier quoi que ce soit, et surtout attendre que le corps et l’esprit soient à nouveau d’attaque!

      C’est également l’occasion pour moi de revoir un peu quels sont les objectifs du site, et je vais creuser les suggestions que tu listes comme idées d’articles à publier cet automne.

      Très bon automne à toi.

      Sportivement.

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