World Athletics impose des limites au développement technologique des chaussures

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« Avantage indéniable », « dopage technologique », « concurrence déloyale », « chaussures montées sur ressorts »…. Tout sportif s’intéressant de près ou de loin aux performances de ces dernières années sur marathon a déjà entendu ces affirmations sur les dernières chaussures de Nike et d’autres. Après plusieurs mois de flou, World Athletics a tranché… avec un compromis!

Nike surclasse le marché

Petit rappel historique: Nike fait face à de nombreuses autres marques et la bataille est âpre sur le marché du running. Adidas, New Balance, Hoka, Brooks, Mizuno, Asics, Nike et d’autres se disputent les podiums. On se souvient encore, en 2015 (en plus de ma propre participation), de Kipchoge qui remporte le marathon de Berlin avec une paire de Nike dont la semelle interne sort pitoyablement de la chaussure… On moque un peu cette affaire sur les réseaux sociaux et dans les médias. Mais la marque est en route vers l’archi-domination de la discipline pour les années à venir.

En 2018, la marque à la virgule sort en série une paire de chaussures, la Nike Vaporfly 4% Flyknit, qui est équipée dans la semelle d’une lame de carbone en plus d’une mousse très légère. En 2019, l’évolution de cette chaussure, la Nike ZoomX NEXT% est disponible sur le marché. Elle est réputée encore plus efficace, et toujours équipée de la lame de carbone.

Des records, et encore des records…

Aujourd’hui, les records absolus sur marathon homologués par World Athletics (anciennement l’IAAF, ou fédération mondiale d’athlétisme), homme comme femme, ont été réalisés avec des Nike Vaporfly 4% ou NETX%. Ils sont détenus respectivement par Eliud Kipchoge en 2:01:39 (2018, Berlin, avec un prototype des ZoomX NEXT%) et Brigid Kosgei en 2:14:04 (2019, Chicago, Nike ZoomX NEXT%).

Le triathlon n’échappe pas à l’avalanche de Swooshes… Sur l’Ironman d’Hawaï 2019, d’après le compte des athlètes hommes et femmes, on retrouve en force la chaussure à lame de carbone dans le peloton de pros.

Chez les femmes, d’après le classement de Slowtwitch, les 3 premières portaient les NEXT% sur le marathon. Sur les 15 premières femmes, on en compte pas moins de 7 équipées de Nike avec lame de carbone.

Chez les homme, Jan Frodeno s’est imposé avec une paire de Asics. Un prototype unique équipé… d’une lame de carbone. On ne trouve pas de Nike sur le podium, mais 8 des 15 premiers en portaient (Vaporfly 4% ou NEXT%)…

Le raz-de-marée de Nike est désormais une évidence.

Les Nike Vaporfly, de la triche?

Rapidement, certains athlètes font savoir leur mécontentement. Biais de la compétition, avantage technologique déloyal… Les études neutres et sérieuses sont rares, mais une large analyse du New-York Times basée sur Strava et de millions de coureurs et de millions de kilomètres montre un avantage de 4% pour les utilisateurs des Nike Vaporfly. Voilà qui laisse songeur.

Certains triathlètes auraient été jusqu’à rompre le contrat de sponsoring avec leur équipementier pour pouvoir s’équiper à leurs frais des chaussures de Nike.

Les Vaporfly ou ZoomX NEXT% ne sont pas les premières ou les seules chaussures à être équipées d’une lame de carbone. Ni à utiliser une semelle haute pour un amorti. Ni à être légères. Mais elles sont peut-être les premières à intégrer tout ça, et de manière (très) performantes.

La concurrence réagit

On l’a brièvement abordé, Asics a proposé un prototype assez secret à Jan Frodeno pour l’Ironman d’Hawaii en 2019. Des aveux mêmes du triathlète allemand, la chaussure est équipée elle aussi d’une lame de carbone. Début 2020, sur des épreuves de 10km sur route ou sur semi-marathon, Adidas a fourni quelques paires d’un prototype lui aussi muni d’une lame de carbone dans la semelle. Saucony, New Balance et d’autres ont ou vont annoncer prochainement des modèles similaires. En gros, tout le monde s’y met!

La fédération appelée à se positionner

Les performances insolentes des Nike Vaporfly au cours des deux dernières années ont amené le monde de l’athlétisme, et la fédération mondiale en particulier, à s’intéresser à la question.

World Athletics s’est saisie du dossier des chaussures à lame de carbone en septembre 2019. Probablement qu’exactement au même moment, les lobbyistes de Nike, Adidas, Asics et autres marques ayant investi des centaines de milliers de dollars (ou plus) en R&D sur leurs modèles à lame de carbone sont également entrés en jeu.

Pour certains, il fallait interdire ces chaussures, procurant un avantage certain aux coureurs qui les portaient. Pour d’autres, il ne s’agit que d’innovation comme on en a vu avant dans le monde du cyclisme avec les cadres carbone, les roues lenticulaires ou les casques de contre-la-montre…

Le rôle et la responsabilité de World Athletics

Le rôle de la fédération est de préserver l’équité dans le sport, et de ne pas dénaturer ce dernier. Comme disent certains spécialistes, malgré les NEXT%, il faut quand même courir. Et mettez ces chaussures au premier quidam venu, il ne courra pas le marathon en 2h01… Mais ou est-ce que tout cela peut nous mener si aucun cadre n’est fixé.

A mon avis, la fédération était en position délicate, à bien des égards:

  • Les chaussures à lames de carbone existent depuis des années sans avoir jamais soulevé de polémiques. La Zoot Kiawe en 2013 en intégrait déjà une.
  • Les chaussures à semelle haute existent aussi depuis longtemps, les Hoka One en sont de bons exemples.
  • Les Vaporfly 4% et NEXT% ont été utilisées pour établir des records. En cas d’interdiction, faudra-t-il retirer ces records?
  • Ces chaussures sont en vente publique depuis longtemps également. De très nombreux coureurs pros ou amateurs les ont acquises à grands frais.
  • Les lobbyistes des marques en question ne verraient pas d’un très bon œil l’interdiction de ces chaussures, et voir les investissements réduits à néant.

La décision, sur les Nike Vaporfly et les autres!

Ainsi, le 31 janvier 2020, World Athletics a annoncé sa décision sur son site internet. Sans grande surprise, la décision est un gigantesque compromis!

Dès le 30 avril 2020 (et donc valable pour les JO de Tokyo 2020), les chaussures utilisés en compétition:

  • Devront avoir une semelle d’une épaisseur maximale de 40mm
  • Ne pourront être équipée que d’une lame rigide dans la semelle, quel que soit le matériau. Les chaussures à pointes (piste ou cross) pourront en avoir une seconde pour soutenir les pointes.
  • Devra être un modèle du marché accessible à tout un chacun, et non un prototype ou une édition limitée. Sa disponibilité sur le marché devra être vieille d’au moins 4 mois.

Les deux premiers points fixent une limite: la Nike ZoomX NEXT% possède une semelle d’exactement 40mm et une lame de carbone. World Athletics l’accepte donc comme limite absolue, pour l’instant en tout cas.

Le dernier point est plus inattendu. Ainsi, un prototype ne pourra plus être utilisé en compétition. Et la chaussure devra être disponible librement sur le marché (en ligne ou dans les magasins) depuis 4 mois. Concrètement, pour qu’un modèle puisse être utilisé aux JO de Tokyo en juillet 2020, il faudra que le modèle soit disponible à la vente publique au plus tard en mars! Si Nike n’aura aucun problème pour voir sa NEXT% au Japon, les autres marques devront se dépêcher (voire même réaliser un miracle) pour que leurs prototypes respectent les règles ci-dessus et soient vendus en série en quelques semaines!

La seule décision possible ?

Interdire la ZoomX NEXT% aurait eu l’effet d’une bombe. Et si elle était interdite, la question du retrait des records aurait aussitôt été mise sur la table. Mais sans l’interdire, elle a indirectement défini ce modèle comme la limite à ne pas dépasser. A mon avis, il s’agissait de la seule décision possible.

La fédération indique aussi clairement ne plus vouloir de prototypes sur les courses officielles. Les athlètes devront désormais les développer à l’entrainement.

Pour l’élite uniquement

Le communiqué de World Athletics stipule qu’il sa’git uniquement de règles imposées pour l’élite. Donc, les amateurs qui voudraient courir un marathon avec un propotype maison ou une chaussure munie d’une semelle de 50mm ne seraient pas ennuyés, à priori. C’est encore une décision qui tombe sous le sens… Impossible de contrôler 50’000 coureurs sur le marathon de Berlin, New-York ou Londres…

Et pour le triathlon ?

Ce règlement de World Athletics va impacter tous et toutes les athlètes qui courent du 100m au marathon sur des compétitions officielles. Mais la course à pied d’un triathlon n’est pas concernée…

En effet, l’ITU (fédération internationale en charge des courses du circuit mondial ou des courses olympiques) ou la WTC (régulant les courses du label Ironman) n’adoptent pas automatiquement les règles de World Athletics pour la course à pied ou de l’UCI pour le vélo. Même si une grande partie des règles sont comparables, elles ne sont pas identiques.

A vélo, on sait que le triathlon est plus permissif, et a permis bien des innovations qui sont arrivées ensuite dans le monde du cyclisme (guidons, roues à bâtons, nouvelles géométries de cadres…).

Pour la course à pied, aucune des deux fédérations de triathlon n’a annoncé vouloir adopter les règles de la World Athletics. Il serait en tout cas surprenant de voir des règles plus strictes s’imposer en triathlon… Elles pourraient même rester inchangées et donc plus permissives. Les courses Ironman deviendraient alors le terrain de jeu des prototypes à l’avenir.

Mon avis

Une chaussure peut-elle apporter un avantage décisif sur une course comme un marathon? Ce n’est à mon avis pas impossible. Pour avoir utilisé les Nike ZoomX NEXT% sur certains de mes entrainements au cours des derniers mois, j’ai surtout l’impression que ces chaussures peuvent contribuer à une meilleure économie de course. Ainsi, on ne court pas forcément plus vite dans l’absolu, mais surtout plus longtemps à une allure donnée. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas valable que pour les athlètes qui courent à des vitesses importantes. Cela semble confirmé par les analyses de données du New-York Times.

Unee autre énorme controverse est le prix d’une paire de ces chaussures. Une paire de ZoomX NEXT% vaut le prix de deux ou trois paires de chaussures de course traditionnelles. Leur durée de vie oscille entre 200 et 400km en fonction du poids et de la technique du coureur. Cela peut devenir un frein à l’égalité, c’est d’ailleurs une critique légitime à l’égard des Vaporfly.

La question n’est d’ailleurs pas réglée par la fédération. Et si un modèle était rendu « disponible » par une marque à un prix de 12’000$ depuis 4 mois, peut-on considérer qu’il serait utilisable en compétition et qu’il ne s’agirait pas d’un prototype ?

La Nike NEXT%, ma chaussure de compétition 2020

Quoi qu’il en soit des polémiques, et puisque désormais la question est tranchée, la NEXT% sera la chaussure que j’utiliserai en compétition en 2020. Cette chaussure ne conviendra pas à tout le monde (chaque pied est différent), mais poser les pieds dedans est une expérience déroutante au premier abord, et intéressante après avoir parcouru quelques kilomètres.

Je publierai un comparatif sur ces chaussures un peu plus tard sur ce même site!

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12 commentaires pour “World Athletics impose des limites au développement technologique des chaussures

  1. Les next vaporfly on 3 lame en carbone placée entre deux semelles mousse de densité différentes les hoka one carbon 3 n’ont qu’une lame de carbone.

  2. Que dire des triathletes qui vont courir bientôt avec des plaques ( en carbone ? ) dans le coude ;-)
    Plaisanterie mise a part, le système fait que les fabricants vont contourner les nouvelles règles, comme d’habitude, pour dominer le marché ou pour survivre. Le coureur lambda, lui, va profiter de ces évolutions en meme temps que les records vont tomber. Trop d’intérêts en jeu pour revenir en arrière…

    1. Alors le triathlète va courir avec des plaques en acier (inox) médical… Mois sexy que le carbone mais plus approprié aux circonstance ;-))

      Contournement certes, mais ce ne sera plus l’escalade de la hauteur de semelle… On voit déjà Nike arriver avec ses MagicPods (c’est pas le vrai nom) sous le modèle de série de l’AlphaFly… Perso, je suis pas très fan.

  3. Et si, puisque l’être humain a commencé ainsi, on interdisait les chaussures quelles qu’elles soient?
    des compétiteurs pieds nus pour ne plus pouvoir se plaindre d’une concurrence déloyale?

  4. Greg, j’ai un doute.
    Tu dis : « Ainsi (avec la Vaporfly), on ne court pas forcément plus vite dans l’absolu, mais surtout plus longtemps à une allure donnée. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas valable que pour les athlètes qui courent à des vitesses importantes. Cela semble confirmé par les analyses de données du New-York Times. »
    Donc, la Vaporfly n’est pas très utile pour ceux qui courent à des vitesses importantes ? Et elle est plus efficace pour les autres. C’est bien ça ?

    1. Salut! C’est mon observation et mon interprétation des chiffres disponibles en effet. Les coureurs élite, déjà très rapides et avec une économie de course déjà très efficace ont moins à gagner qu’un coureur moins performant, qui bénéficiera plus de l’économie de course offerte par une chaussure de ce type, et pourra donc espérer améliorer de manière plus substantielle ses performances grâce à elles.

      Certains martèlent que la lame de carbone bénéficie à la propulsion à partir de vitesses déjà élevée (15-16km/h). Mais si le bénéfice est moindre à des vitesses inférieures, il est quand même là, très clairement. Dès 12km/h (3h30 sur marathon) on le ressent. Et par contre, plus la vitesse est faible, plus l’économie de course offerte par ces chaussures permet de courir très légèrement plus vite plus longtemps. Pour les coureurs populaires, c’est là que sera le gain le plus important.

      Sportivement.

      Sportivement.

  5. Merci Greg pour cet éclairage très … clair :o)

    J’en déduis que cette chaussure pourrait me convenir et m’apporter un plus. MAIS je n’en achèterai probablement pas car je cours 1400 km/an. Avec une durée de vie de 200 à 400 km, cela me coûterait environ 1400€ par an ! (1€ le km ;o).

    Bon, bien sûr il ne faudrait pas s’entraîner qu’avec ça et ne garder les Vaporfly que pour des courses importantes… mais je fais pas de compète, alors ;o)
    Dommage, j’aurais bien aimé tester sur un durée un peu longue… Je vais continuer avec mes Pegasus qui me reviennent à moins de 200€/an.

    Bon, clairement, c’est pas pour moi :o(

      1. Bonjour,

        Avez vous essayé les nike streak?

        Le passage de Pegasus au streak (a faire doucement et dans le temps) va déjà vous procurer des sensations très différentes. Si vous n êtes pas un coureur lourd et que vous avez une foulée efficace je vous conseille d essayer. Très léger et très réactif.

        Cordialement

        1. Bonjour VLD.
          Merci pour le conseil.
          J’ai acheté des Saucony qui ont l’air de ressembler pas mal aux Nike Streak (étonnamment légères !) :
          https://www.i-run.fr/chaussures_homme/Running_c23/Saucony_m95/Saucony-Type-A8-M_Saucony_fiche_76092.html

          Passer à un drop de 10 à 4 mm : c’est sûr que faut-il aller mollo ! Mes mollets n’ont pas bcp aimé…
          Je les ai refilées à un ami.
          Je pèse 82 kg. Ca n’aide p-être pas.

          Joyeuses Pâques et joyeux confinement à tous ! :o)

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